Economie

France: le chômage franchit un nouveau palier au deuxième trimestre 2026, le plein emploi s’éloigne

Les derniers chiffres de l’Insee, dévoilés ce vendredi, assombrissent un peu plus les perspectives sur le marché du travail français. Au printemps dernier, le taux de chômage mesuré au sens du Bureau international du travail (BIT) s’est établi à 8,3 % de la population active, soit une progression de 0,2 point par rapport aux trois premiers mois de l’année.

Il faut remonter à l’automne 2020 – période encore marquée par les restrictions liées à la pandémie – pour trouver un niveau aussi élevé. Hors crise sanitaire, c’est même le chiffre le plus haut depuis la fin 2019.

En données brutes, l’Hexagone compte désormais 2,7 millions d’inscrits en recherche active d’emploi, ce qui représente 62 000 demandeurs supplémentaires en l’espace d’un seul trimestre. Cette remontée concerne l’ensemble du territoire, y compris Mayotte désormais intégrée dans les calculs – un changement de périmètre dont l’impact sur les tendances conjoncturelles reste toutefois très limité.

Aucune catégorie d’âge n’est épargnée par cette détérioration. Chez les 15-24 ans, le taux bondit de 0,4 point pour atteindre 21,6 %. Pour les actifs de 25 à 49 ans, la hausse est de 0,2 point, avec un taux porté à 7,5 %, son plus haut niveau depuis début 2021. Les seniors (50 ans et plus) ne sont pas en reste : leur taux progresse de 0,3 point pour s’établir à 5,5 %, un sommet inédit depuis le début de l’année 2022.

L’objectif de 5 % de chômage en 2027 compromis

L’institut de statistique tient toutefois à relativiser cette poussée : près de la moitié de la hausse s’explique par la mise en œuvre, depuis janvier 2025, de la loi pour le plein emploi, qui rend automatique l’inscription sur les listes de Pôle emploi des bénéficiaires du RSA ainsi que des jeunes âgés de 15 à 29 ans. Mais même en corrigeant de cet effet de périmètre, la tendance sous-jacente reste résolument orientée à la hausse.

Dans ces conditions, la promesse du chef de l’État de ramener le chômage à 5 % d’ici la fin du quinquennat, en 2027, apparaît chaque jour plus difficile à tenir.

Par ailleurs, ces statistiques officielles ne rendent pas compte de l’intégralité des situations de sous-emploi. Le « halo » autour du chômage concerne en effet 1,9 million de personnes supplémentaires qui déclarent vouloir travailler, sans toutefois remplir les critères stricts du BIT – faute de recherche active ou d’indisponibilité immédiate. Ce contingent est resté quasi stable sur le trimestre (+6 000 personnes), mais il porte à plus de 4,6 millions le nombre total d’individus sans emploi qui souhaitent néanmoins intégrer le marché du travail.

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