Economie

Le déficit commercial africain atteint 96,3 milliards de dollars en 2025

L’année 2025 a confirmé la dynamique positive des échanges entre pays africains. Selon le dernier rapport sur le commerce en Afrique publié par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), les flux de biens à l’intérieur du continent ont atteint 213,8 milliards de dollars, en progression de 5,47 % par rapport à 2024. Une performance qui s’inscrit dans un contexte de hausse globale des échanges extérieurs du continent.

Intitulée « Leveraging Geopolitics for Trade and Industrialisation in Global Africa », l’édition 2026 de l’étude révèle que la valeur totale des transactions commerciales de l’Afrique – toutes destinations confondues – a frôlé les 1 500 milliards de dollars l’an dernier, soit une augmentation annuelle de 6,1 %. Ce dynamisme se reflète tant du côté des ventes que des achats : les exportations africaines de marchandises ont grimpé de 6,2 % pour s’établir à 685,2 milliards de dollars, tandis que les importations ont crû de 6 %, à 781,5 milliards.

Malgré cette embellie, le solde commercial du continent reste négatif. Le déficit s’est même légèrement creusé, passant de 91,9 milliards de dollars en 2024 à 96,3 milliards en 2025, signe que la croissance des importations continue de devancer celle des exportations.

Un trio de tête concentre près d’un tiers des échanges internes

Le rapport d’Afreximbank met en lumière la prépondérance de trois nations dans le commerce intra-africain. L’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo (RDC) et la Côte d’Ivoire totalisent à elles seules 30,81 % des échanges de biens entre pays du continent.

  • L’Afrique du Sud occupe la première marche, grâce à un portefeuille d’exportations varié vers ses voisins africains : véhicules, machines, équipements électriques et produits manufacturés. En retour, elle importe principalement des matières premières telles que le pétrole brut, le charbon et les métaux.
  • La RDC doit sa position à ses richesses minières, qui alimentent de nombreuses chaînes de valeur régionales.
  • La Côte d’Ivoire, quant à elle, renforce son ancrage régional en s’appuyant sur ses filières agricoles, avec le cacao, les noix de cajou et d’autres biens transformés.

Derrière ce trio, on retrouve l’Ouganda (4,48 %), suivi de près par le Maroc (4,46 %), l’Égypte (4,35 %), la Zambie (4,33 %), le Nigeria (4,22 %) et le Zimbabwe (3,64 %). La Namibie ferme le top 10 avec une part de 3,46 %.

La Tunisie, une présence modeste mais réelle

Avec environ 2,5 % des échanges intra-africains, la Tunisie demeure un acteur secondaire, mais non négligeable. Ses échanges restent concentrés sur ses voisins et partenaires régionaux historiques : Libye, Algérie, Égypte et Maroc. Ses exportations vers le continent sont dominées par les biens industriels, mécaniques et électriques, les produits agroalimentaires et certains articles manufacturés. En contrepartie, elle importe surtout des énergies, des matières premières et des denrées agricoles.


L’Égypte, poids lourd nord-africain

L’Égypte confirme son statut de plaque tournante commerciale en Afrique du Nord, avec une part de 4,35 % des flux intra-africains, soit 9,31 milliards de dollars en 2025. Ses principaux débouchés sur le continent sont l’Algérie, la Libye, le Maroc, le Soudan et la Tunisie. Ses importations proviennent notamment de la RDC, du Kenya, du Nigeria et de l’Afrique du Sud. Le pays exporte essentiellement du ciment, des matériaux de construction, des plastiques ainsi que des produits transformés comme la farine et l’amidon.

Des marges de progression considérables pour certains États

À l’autre extrémité du spectre, plusieurs pays demeurent quasiment absents des échanges commerciaux entre Africains. En 2025, les plus faibles contributions reviennent à la Libye (0 %), l’Érythrée (0,01 %), les Comores (0,01 %), le Cap-Vert (0,03 %), la Guinée-Bissau (0,06 %) et Sao Tomé-et-Principe (0,09 %). Des chiffres qui illustrent l’ampleur du chemin restant à parcourir pour une intégration commerciale véritablement inclusive sur le continent.

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