Economie

L’aluminium au plus haut depuis quatre ans, le marché redoute une pénurie

Les cours de l’aluminium ont atteint ce mercredi leur niveau le plus élevé depuis quatre ans, à 3 685 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME). Le métal a progressé de 0,5 % lors des transactions officielles, porté par des craintes grandissantes liées au resserrement de l’offre mondiale.

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient exacerbent la situation, notamment après les récents échanges de frappes militaires entre les États-Unis et l’Iran. La région concentre près de 9 % de la capacité mondiale de production d’aluminium. Par ailleurs, la fermeture du détroit d’Ormuz a entravé les échanges commerciaux, perturbant à la fois les exportations du métal et les importations des matières premières nécessaires à sa fabrication.

Face à ce contexte, les analystes prévoient un déficit important sur le marché mondial de l’aluminium cette année, certaines estimations évoquant un manque supérieur à 2 millions de tonnes.

Craintes de rupture d’approvisionnement

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le marché de l’aluminium traverse une période d’instabilité inédite. Ce métal stratégique pour de nombreux secteurs industriels a vu son prix atteindre des sommets historiques, frôlant parfois les 4 000 dollars la tonne lors des pics de tension.

La région constitue en effet un carrefour logistique essentiel. Toute menace sur la navigation dans le détroit d’Ormuz ou en mer Rouge ralentit l’exportation des lingots produits par les fonderies locales, créant artificiellement une pénurie sur les places boursières internationales comme le LME. L’insécurité croissante entraîne également des primes d’assurance maritime très élevées pour les cargaisons de matières premières, ce qui alourdit mécaniquement le coût final de la tonne d’aluminium livrée en Europe ou en Asie.

Pour des secteurs tels que l’automobile, notamment pour l’allègement des véhicules, et l’emballage, le Moyen-Orient n’est plus une simple option mais une source d’approvisionnement majeure. Une hausse des prix, même modeste comme ce +0,5 %, affecte directement les marges des industriels, qui répercutent ensuite ces hausses sur le consommateur final.

Si un conflit venait à bloquer durablement les capacités de production ou d’exportation, les stocks mondiaux déjà à des niveaux historiquement bas ne pourraient compenser la perte, risquant ainsi de provoquer une envolée durable des prix.

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