Quand l’IA sud-coréenne rencontre le savoir-faire médical tunisien : une nouvelle donne africaine ?
En marge de la deuxième réunion des ministres des Affaires étrangères Afrique-Corée du Sud, le ministre des affaires étrangères, de la migration des Tunisiens Mohamed Ali Nafti, a multiplié les rencontres bilatérales à Séoul, dessinant une feuille de route élargie pour la coopération tuniso-coréenne. Les échanges, centrés sur le numérique, la santé et l’innovation technologique, ouvrent la voie à des projets structurants à dimension continentale.
Avec le ministre Cho Hyun : un partenariat historique qui se projette vers l’Afrique
Lors de son entretien avec son homologue sud-coréen, M. Cho Hyun, M. Nafti a rappelé la profondeur des liens établis depuis 1969. Les deux ministres ont salué les avancées concrètes dans des secteurs clés : gouvernance électronique, cadastre numérique, technologies agricoles intelligentes, ainsi que formation technique et technologique.
Ils ont convenu d’élargir le partenariat à de nouveaux champs, notamment via la création d’une plateforme intégrée tuniso-coréano-africaine dédiée aux industries biologiques et pharmaceutiques, un projet à vocation régionale qui vise à positionner la Tunisie comme hub d’innovation pour le continent.
Avec KOICA : 79 millions de dollars déjà engagés, des perspectives en robotique et santé numérique
M. Nafti a rencontré M. Hong Seok-hwa, vice-président de l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA). Il a salué la valeur cumulée des projets réalisés en Tunisie par l’agence, qui atteignait environ 79 millions de dollars à fin 2025, avec des financements additionnels de 5,6 millions de dollars prévus pour 2026.
Parmi les réalisations phares, le système électronique de gestion des marchés publics « TUNEPS », cité par KOICA comme un modèle de réussite, pourrait servir de base à la création d’un centre d’excellence tunisien destiné à diffuser l’expertise tuniso-coréenne vers plusieurs pays africains, notamment francophones.
Le vice-président de KOICA a rappelé les trois axes de la coopération avec Tunis : modernisation des services publics, développement industriel fondé sur les TIC et la formation technique, et amélioration de la productivité agricole, forestière et halieutique. Six projets sont actuellement en cours dans ces domaines.
En réponse, M. Nafti a proposé d’explorer de nouvelles pistes bilatérales et trilatérales, notamment dans les secteurs des TIC, de la formation professionnelle et de la santé. Il a évoqué un projet concret : la création d’un centre national de chirurgie robotique au sein d’un hôpital universitaire tunisien, avec un possible appui de KOICA.
Le ministre a également sollicité la contribution de l’agence à la future plateforme nationale et africaine des industries biologiques et pharmaceutiques, en particulier pour la formation et le développement d’applications numériques associées.
Un appel aux investisseurs coréens à Tunis les 25-26 juin 2026
M. Nafti a insisté pour assurer une participation coréenne de haut niveau au Forum International de l’Investissement que la Tunisie accueillera les 25 et 26 juin 2026. Il a invité KOICA à jouer un rôle d’entraînement auprès des entreprises et institutions coréennes pour explorer les opportunités d’investissement dans un climat jugé favorable.
Avec le député Cha Ji-ho : l’intelligence artificielle au service de la santé africaine
Enfin, le ministre s’est entretenu avec M. Cha Ji-ho, député et membre de la Commission des affaires étrangères et de la réunification. Ce dernier, qui pilote une initiative d’intégration de l’IA dans le secteur de la santé, a salué les progrès médicaux de la Tunisie. Il a proposé de collaborer avec les compétences tunisiennes pour développer des systèmes de santé technologiques basés sur l’IA, destinés au continent africain, avec des solutions innovantes et à faible coût adaptées aux pays en développement.
Le député coréen s’est dit prêt à se rendre en Tunisie pour concrétiser ce projet. M. Nafti a accueilli favorablement cette proposition, et les deux parties ont convenu d’élaborer rapidement un plan d’action commun pour sa mise en œuvre.

