Tunisie : une croissance à 2,6% au premier trimestre, portée par l’agriculture et les services
Selon les premières estimations de l’Institut national de la statistique (INS), l’économie tunisienne a progressé de 2,6% au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de l’année précédente. Ce chiffre, bien qu’inférieur à l’objectif de 3,2% inscrit dans la loi de finances 2026, marque une nette accélération après le faible taux de 1,6% enregistré au premier trimestre 2025. C’est ce qu’a souligné l’analyste financier Moez Hadidan, dans une déclaration médiatique.
L’expert prévoit désormais un taux de croissance annuel situé entre 1,5% et 2% d’ici la fin de l’année, un niveau qu’il juge « positif » compte tenu du climat économique actuel. Il met néanmoins en garde contre l’impact des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui devrait se faire sentir davantage au deuxième trimestre, affectant le budget de l’État, le système de subventions des carburants, les prix et plusieurs secteurs d’activité. Il exclut toutefois tout scénario de croissance négative.
L’agriculture et les services en tête
L’analyste a relevé que le secteur agricole a été le principal moteur de cette expansion, avec une hausse de 6,8% sur le trimestre. Il y voit un signe structurel : pour la troisième année consécutive, l’agriculture s’affirme comme un pilier de l’économie nationale, malgré des aléas climatiques persistants.
Le secteur des services a également soutenu la dynamique, grâce à l’amélioration des performances du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration, ainsi que des médias et des communications – ce dernier restant le premier contributeur à l’économie et le premier employeur du pays.
Dans l’industrie manufacturière, la croissance atteint 3,1%, tirée par une progression de 15,1% de l’agroalimentaire et de 4,3% dans les industries mécaniques et électriques. En revanche, le textile, l’habillement et la chaussure poursuivent leur déclin avec un recul de 5,8%. Le secteur de l’énergie et des mines affiche une légère hausse de 0,9%, portée par un regain de l’activité minière, malgré les difficultés persistantes du phosphate et la baisse de ses exportations.
Bâtiment et chômage des jeunes : les faiblesses persistent
Le secteur de la construction reste l’un des points vulnérables de l’économie, avec une contraction de 7,1% au premier trimestre 2026, malgré une amélioration relative en 2025 après plusieurs années de baisse.
Côté emploi, l’INS fait état d’une légère détente : le taux de chômage est passé à 15% contre 15,2% au quatrième trimestre 2025, soit environ 641 000 chômeurs. Cette amélioration s’explique par une hausse nette de l’emploi de 16 500 personnes et une réduction du nombre de chômeurs de 3 500, un indicateur jugé positif mais modeste par Moez Hadidan.
La situation reste très préoccupante pour les jeunes et les diplômés du supérieur : le chômage des 15-24 ans atteint 37,5%, et celui des diplômés 24,2%, avec une forte disparité de genre (32% chez les femmes contre 14,2% chez les hommes).

