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Biodex : des huiles alimentaires usagées au biocarburant ! + (Vidéo)

Fondée en 2009, Biodex est née d’une vision stratégique : transformer les huiles alimentaires usagées (HAU) en biocarburant et en glycérine. Derrière ce projet ambitieux, un partenariat inédit entre un investisseur étranger, des banques tunisiennes et l’Université tunisienne, dans le cadre d’un transfert technologique. Dès ses débuts, l’entreprise a travaillé main dans la main avec l’ANGed (Agence nationale de gestion des déchets) pour inscrire cette filière innovante dans la dynamique nationale des énergies vertes.

« Notre défi majeur a été d’amener des ingénieurs tunisiens à s’approprier cette ligne de production moderne dédiée aux énergies renouvelables », confie M. Mounir Bezzarga, président-directeur général de Biodex lors d’une déclaration accordée à l’Echo Tunisie.  Il a fallu toute la persévérance du personnel pour instaurer une culture de la collecte, car le recyclage des huiles alimentaires ne faisait pas partie des habitudes en Tunisie. En collaborant avec des collecteurs agréés par l’ANGed, Biodex est parvenue, dans une large mesure, à convaincre restaurateurs et hôteliers de ne plus déverser ces huiles dans les réseaux d’assainissement. « Nous avons réussi cette mission », souligne le PDG.

L’enjeu économique est colossal. La Tunisie produit chaque année 240 000 tonnes d’huiles alimentaires et en importe 260 000 tonnes. À elle seule, l’usine Biodex peut valoriser 24 000 tonnes par an, soit l’équivalent de 10 % de la production nationale de diesel et 5 % du volume total distribué annuellement dans le pays. L’activité génère un triple impact : environnemental, social (création d’emplois) et climatique. En effet, l’utilisation de ce biocarburant permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 92,5 % par rapport aux carburants fossiles.

L’aventure a connu un coup d’arrêt en 2018. « Nos activités ont été freinées, mais nous sommes restés en contact avec l’ANGed, le ministère de l’Industrie, le ministère du Commerce et le ministère des Finances pour encourager ce secteur, notamment par l’établissement de taxes à l’exportation des huiles alimentaires usagées », explique M. Bezzarga. Un imbroglio juridique a toutefois entravé la dynamique. Heureusement, la loi de finances 2019 a apporté les clarifications nécessaires pour débloquer la situation. Une issue favorable qui permet à Biodex de regarder l’avenir avec confiance.

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