Economie

Comment expliquer un déficit qui résiste à une hausse des exportations ?

La balance commerciale tunisienne s’est davantage dégradée au premier trimestre 2026, pénalisée par une facture importée toujours très élevée, selon les dernières données publiées par l’Institut National de la Statistique (INS). Si les ventes à l’étranger affichent une belle dynamique, l’écart avec les achats s’est élargi.

Sur les trois premiers mois de l’année, les exportations de biens ont totalisé 16,266 millions de dinars (MDT), en hausse de 6,1 % par rapport à la même période de 2025. Cette performance est portée par deux secteurs phares : l’agroalimentaire, dont les ventes ont bondi de 16,1 % grâce à l’envolée des exportations d’huile d’olive (passées de 1,442 MDT à 1,991 MDT), et les industries mécaniques et électriques, qui progressent de 10,6 %.

À l’opposé, certains secteurs traditionnels sont en repli. C’est le cas des mines, phosphates et dérivés (–20,3 %), ainsi que du textile, habillement et cuirs (–5 %).

Dans le même temps, les importations ont augmenté de 5,5 % pour atteindre 21,499 MDT. Cette hausse est généralisée, avec une accélération marquée pour les produits alimentaires (+13,9 %), les biens d’équipement (+5,3 %) et les produits énergétiques (+4,2 %).

Un déficit alourdi, surtout sous l’effet de l’énergie

Le déficit commercial s’établit ainsi à 5,232 MDT, contre 5,0495 MDT un an plus tôt. Le taux de couverture, qui mesure le rapport entre exportations et importations, reste quasi stable à 75,7 %.

L’analyse par secteur met en lumière des disparités importantes. Le déficit est particulièrement marqué dans l’énergie, avec un solde négatif de 2,990 MDT. Viennent ensuite les matières premières et demi-produits (–1,601 MDT). À l’inverse, le secteur alimentaire affiche lui aussi un déficit conséquent de 798,3 MDT. Hors énergie, le déficit commercial serait réduit à 2,242 MDT.

L’Europe, premier partenaire, mais des poussées régionales

Du point de vue géographique, l’Union européenne reste le débouché incontournable, concentrant 71,5 % des exportations tunisiennes. Les ventes vers la France (+10,6 %), l’Italie (+4 %) et l’Allemagne (+3,3 %) sont toutes en hausse.

Hors d’Europe, deux marchés se distinguent par une forte progression : l’Arabie saoudite (+80,6 %) et l’Égypte (+52,9 %). En revanche, les échanges avec les pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Libye) sont en recul significatif.

Côté importations hors UE, la Tunisie a nettement accru ses achats auprès de l’Inde (+39,5 %) et de la Turquie (+6,3 %). À l’inverse, elle a fortement diminué ses approvisionnements en provenance de Russie (–61,6 %) et, dans une moindre mesure, de Chine (–7,3 %).

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