Accord AU-CEVAWG : vers une Tunisie sans violence faites aux femmes et filles
Dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles (AU-CEVAWG), le Front pour l’égalité et les droits des femmes (FEDEF), avec le soutien d’ONU Femmes Tunisie, organise une conférence de presse le mardi 17 mars 2026. Placée sous le signe de « L’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles repose sur une responsabilité collective et partagée » cette rencontre sera l’occasion de faire connaître cette convention panafricaine et de sensibiliser à son rôle crucial dans l’éradication de la violence faites aux femmes et filles.
Elle vise à faire connaître cette convention et à renforcer la conscience collective quant à sa portée. L’objectif est de réaffirmer vigoureusement l’importance de défendre les femmes et les filles contre toutes les formes de violence et de discrimination. Par ailleurs, elle entend mettre en lumière l’importance cruciale de déployer un éventail complet de mesures de soutien et de services en faveur des femmes et des filles victimes de violence, afin de garantir leur protection et un accompagnement holistique.
Ce cadre d’échange sera privilégié pour améliorer la communication et les échanges entre les organisations de la société civile, les médias, les partenaires institutionnels et l’ensemble des parties prenantes.
L’enjeu est de fédérer les efforts pour vulgariser cette convention et de l’amélioration concrète de la protection des femmes et des filles face à toutes les formes de violence.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de stimuler la participation citoyenne et d’associer toutes les composantes de la société, en particulier la jeunesse, aux programmes de prévention et de sensibilisation. Dans cette perspective, l’accent est mis sur la nécessité de poursuivre l’harmonisation des politiques nationales avec les standards régionaux et internationaux relatifs aux droits des femmes, contribuant ainsi à l’avènement d’une société plus sûre et plus équitable pour tous et toutes.
La question de la violence faites aux femmes et filles reste un des problèmes sociétaux majeurs auxquels la Tunisie, comme le reste de l’Afrique et du monde, est confrontée. En dépit des avancées législatives enregistrées par notre pays, notamment à travers la loi organique n° 58 de 2017 relative à l’élimination de la violence faites aux femmes et filles, les formes de violence ne cessent d’évoluer et de s’adapter aux mutations sociales et numériques. Cette réalité impose un renforcement des dispositifs de prévention et de protection juridique, par le développement de politiques publiques agiles et adaptées aux défis contemporains. Les transformations numériques et l’essor des réseaux sociaux ont en effet favorisé l’émergence de nouvelles formes de violence facilitées par la technologie, telles que le harcèlement en ligne, les agressions psychologiques via les supports numériques, ou encore d’autres formes d’exploitation et de préjudices sur internet.
La violence exercée à l’encontre des femmes et des filles ne se limite pas à ses seules manifestations physiques ; elle englobe également des répercussions psychologiques, sociales et économiques profondes. Ces violences entravent leur pleine participation à la vie publique et limitent leur accès aux opportunités éducatives, professionnelles et citoyennes. L’aggravation de ces phénomènes impose à l’ensemble des acteurs concernés de s’atteler sérieusement à la mise en place de mécanismes de soutien intégrés, conjuguant protection judiciaire, prise en charge sanitaire et psychologique, et accompagnement social et économique pour les survivantes.
À l’échelle sociétale, l’effort ne saurait se limiter à la seule gestion des conséquences de la violence faites aux femmes et filles. Il doit impérativement intégrer une dimension préventive forte, via la sensibilisation et la transformation des pratiques culturelles et sociales qui perpétuent les inégalités et favorisent la persistance de la violence. L’éducation populaire et le plaidoyer sont des piliers essentiels pour bâtir une société plus juste et plus sûre, dans laquelle les femmes et les filles peuvent exercer leurs droits en toute liberté et sécurité, à l’abri de toute menace ou discrimination.
Pour renforcer la protection des femmes et des filles, il est essentiel de collaborer étroitement et de manière globale avec toutes les parties prenantes (ministères, organisations de la société civile, partenaires internationaux et secteur privé), afin d’assurer la convergence des efforts et l’élaboration de politiques cohérentes et intégrées répondant efficacement aux besoins des femmes et des filles dans tous les domaines. L’investissement dans la prévention, la sensibilisation et le soutien communautaire est essentiel pour créer un environnement durable et sécurisé, reflet de l’engagement de la société en faveur des droits humains et de l’égalité des genres, et permettant aux femmes de participer pleinement et efficacement au développement social et économique.
Face à la persistance de ces défis et à la complexification des formes de violence, il est devenu impératif de renforcer les cadres juridiques et institutionnels afin de garantir une protection plus efficace des femmes et des filles. C’est dans cette perspective que s’inscrivent les initiatives internationales et régionales qui visent à unifier les efforts et à fournir des cadres normatifs et législatifs complets, assortis de mécanismes opérationnels de soutien aux États et aux sociétés. L’objectif est de prévenir toutes les formes de violence faites aux femmes et filles, d’y répondre efficacement et de tendre vers leur élimination.
Parmi ces initiatives figure un accord régional (Africain) majeur. Il vise à lutter contre les causes profondes et les facteurs de risque de la violence. Il entend aussi renforcer les dispositifs juridiques et institutionnels. Enfin, il cherche à ancrer une culture du respect des droits humains, de l’égalité des genres et de la dignité intrinsèque des femmes et des filles.

