Artisanat : 180 MD d’exportations, la croissance à deux chiffres se confirme
À la veille de la Journée nationale de l’artisanat, célébrée ce jeudi 12 mars 2026, Rym Marnissi, directrice de la qualité au ministère du Tourisme et de l’Artisanat, a dressé un bilan chiffré du secteur. Intervenant sur les ondes de la radio nationale, la responsable a mis en avant les indicateurs stables d’un domaine qui parvient à conjuguer tradition et ouverture commerciale.
Un réservoir d’emplois et de devises
Selon Rym Marnissi, l’artisanat tunisien constitue un filet de sécurité pour l’emploi, générant entre 4 000 et 6 000 postes par an. Le tissu économique du secteur est composé de 2 500 entreprises, dont 650 sont tournées vers l’international.
Sur le plan macroéconomique, la branche contribue à hauteur de 4 % au Produit Intérieur Brut (PIB) et représente 2 % de la valeur totale des exportations nationales. Les investissements annuels dans le secteur sont évalués à 20 millions de dinars. Côté commerce extérieur, les exportations ont atteint environ 180 millions de dinars en 2025, confirmant une légère tendance haussière.
L’Europe et les États-Unis, piliers de l’export
La directrice a détaillé la cartographie des débouchés commerciaux. L’Europe demeure le partenaire historique et majoritaire, absorbant 57 % des produits artisanaux tunisiens. Les États-Unis constituent le second marché de référence avec 38 % des parts.
Si ces deux zones dominent, une stratégie de diversification semble porter ses fruits. Le marché arabe capte désormais 3 % des exportations, tandis que le continent africain, bien que modeste, s’affirme comme un débouché émergent.
Les filières qui tirent leur épingle du jeu
La croissance globale des exportations s’établit à 11 %, une dynamique portée par plusieurs segments spécifiques. L’industrie du bois d’olivier arrive en tête des produits les plus expédiés à l’étranger, représentant 44 % de la valeur totale des exportations, avec une progression notable de 14 %.
La poterie et la céramique suivent avec 25 % des parts, tandis que les tapis et textiles artisanaux contribuent à hauteur de 13 %. Un segment plus confidentiel mais en plein essor, celui des produits de beauté et de soins, constitue 8 % des exportations, porté par une demande croissante.
Focus sur la chéchia et la montée en gamme
Sans surprise, la chéchia, bonnet traditionnel emblématique, confirme sa bonne santé commerciale avec une hausse de 8 % de ses ventes à l’export. Fait intéressant, la responsable a identifié le Nigeria comme le principal importateur de ce couvre-chef typiquement tunisien.
Cette performance qualitative est attribuée, selon Rym Marnissi, à la synergie croissante entre les diplômés des écoles supérieures d’arts et les quelque 300 000 artisans que compte le pays. Cette collaboration, appuyée par la formation de 20 000 personnes chaque année, vise à améliorer constamment la facture des produits.
Un agenda chargé pour la profession
À l’occasion de la Journée nationale de l’artisanat et du vêtement traditionnel, le secteur se met en scène à travers plus d’une centaine de manifestations. Expositions et ateliers de formation ponctueront les célébrations, qui s’achèveront par une série de distinctions. Un prix national récompensera un artisan senior et des jeunes créateurs, tandis que chaque gouvernorat mettra à l’honneur un artisan et une artisane pour leur parcours.

