Le gouvernement se prépare à l’impact d’une flambée des prix du pétrole
Face aux tensions géopolitiques croissantes avec l’Iran et leur répercussion attendue sur les marchés pétroliers internationaux, les autorités tunisiennes assurent avoir pris leurs dispositions. Wael Chouchane, secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, a déclaré mercredi que son département, en collaboration avec le ministère des Finances, est fin prêt sur les plans logistique et financier pour gérer une éventuelle hausse des cours du brut.
Intervenant devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le responsable a précisé que l’essentiel des contrats d’approvisionnement a été bouclé. La Tunisie s’est ainsi tournée vers l’Azerbaïdjan pour le pétrole brut et vers l’Algérie pour le gaz de pétrole liquéfié (GPL), en plus d’avoir conclu des accords avec des fournisseurs européens.
Pour mémoire, la Loi de Finances 2026 a été élaborée sur la base d’un baril à 63,3 dollars. Dans ce contexte, M. Chouchane a rappelé le poids de la facture énergétique pour l’État : chaque dollar supplémentaire sur le prix du baril représente un surcoût d’environ 164 millions de dinars (MD) pour le budget national.
Le volet de la sécurité d’approvisionnement a également été abordé. Le secrétaire d’État a fait état de la coopération énergétique régionale, avec cinq lignes d’interconnexion électrique actuellement opérationnelles avec l’Algérie et deux avec la Libye, tandis que d’autres projets sont à l’étude pour renforcer ces liens.
Par ailleurs, l’audition a été l’occasion de dresser un état des lieux du secteur. Wael Chouchane a attribué l’aggravation du déficit énergétique, qui atteint désormais 65%, à la faiblesse des nouvelles découvertes et à la frilosité des grands groupes internationaux à investir dans le pays.
Concernant les coupures d’électricité récurrentes, il a mis en avant le projet d’interconnexion avec l’Italie comme une solution clé pour lisser la demande et réduire les pics de tension. Il a également justifié l’arrêt de certaines centrales, comme celle d’El Haouaria, par leur vétusté, et a annoncé qu’un projet de nouvelle centrale est à l’étude.
Enfin, pour encourager la transition énergétique, le secrétaire d’État a détaillé le mécanisme proposé par la STEG aux particuliers souhaitant produire leur propre électricité. Il s’agit d’un système de prêt pour l’achat d’équipements solaires, remboursable directement sur les factures. À titre d’exemple, pour un foyer consommant entre 1 200 et 1 800 kw par an, la mensualité serait d’environ 70 dinars.

