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Ben Arous : une chance ou un risque pour les céréales ?

Les emblavures du gouvernorat de Ben Arous abordent une phase cruciale de leur cycle végétatif dans un contexte plutôt favorable. Selon le dernier bulletin des services techniques de la Commission régionale du développement agricole (CRDA), les céréales, et plus particulièrement le blé dur et l’orge, affichent une nette amélioration de leur état général.

Actuellement, les cultures amorcent leur entrée dans la phase de tallage. Ce stade physiologique est déterminant pour la densité des épis et, par conséquent, pour le potentiel de rendement final. Les techniciens se montrent prudents mais optimistes quant à la poursuite du cycle, qui devra idéalement se dérouler sans encombre jusqu’à la montaison, puis l’épiaison et la floraison.

Cette photographie de l’état des cultures a été établie à la suite de sorties sur le terrain effectuées la semaine dernière. Une équipe pluridisciplinaire, composée d’experts du Bureau des grandes cultures, du Service de la protection des plantes et de la cellule de vulgarisation de Mhamedia, a sillonné plusieurs zones clés du gouvernorat : Sidi Fraj, la Route de l’Aéroport, ainsi que les secteurs d’Oudhna et Amir. Sur ces périmètres, les blés durs et l’orge présentent un aspect jugé « globalement bon ».

Le revers de la pluie : une pression adventice et fongique à surveiller

Cependant, cette embellie est tempérée par les conséquences des abondantes précipitations tombées en janvier. Si ces pluies ont été bénéfiques pour la recharge hydrique des sols, elles ont également complexifié le travail des agriculteurs. La saturation des parcelles a en effet entravé le bon déroulement de certaines opérations culturales cruciales, comme les apports d’azote ou la lutte mécanique contre les plantes parasites. Résultat : malgré des traitements phytosanitaires déjà appliqués, la prolifération des mauvaises herbes n’est contenue que partiellement.

Autre sujet de préoccupation pour les céréaliculteurs locaux : l’apparition de maladies cryptogamiques. Les experts ont signalé la présence de taches bronzées, de septoriose et de taches réticulées sur plusieurs parcelles. Le niveau de gravité est variable, mais les techniciens appellent à la plus grande vigilance. Sur les secteurs où ces symptômes affectent déjà les feuilles supérieures, des interventions complémentaires s’imposent. Les agriculteurs sont ainsi invités à intensifier la surveillance de leurs champs et à recourir, en cas de besoin, à des traitements curatifs avec des produits homologués afin d’éviter une propagation à plus grande échelle.

Un paysage céréalier diversifié

Le gouvernorat de Ben Arous consacre une part importante de ses terres aux grandes cultures, avec une superficie totale de 9 370 hectares dédiés aux céréales. Le blé dur, pilier de la filière, occupe la plus grande emprise avec 4 166 hectares, talonné de près par l’orge qui s’étend sur 4 450 hectares. Le blé tendre (600 ha) et le triticale (156 ha) complètent ce tableau céréalier.

À noter que le territoire régional accorde également une place aux légumineuses et aux cultures fourragères, qui couvrent environ 370 hectares. On y retrouve notamment la luzerne, le maïs fourrager, le pois, le pois chiche et le fenugrec, sans oublier les premières expériences avec des cultures industrielles comme le colza.

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