Economie

Tunisie: une administration 100% numérique d’ici 2030

L’économie numérique s’affirme comme un pilier central de la relance économique tunisienne. C’est le constat dressé par l’expert Bassem Ennaifer, invité samedi 21 février 2026 sur les ondes d’une radio. Selon lui, la digitalisation représente un levier majeur pour accélérer la croissance, favoriser l’emploi des jeunes et accompagner les porteurs de projets innovants.

Cette vision se concrétise dans les orientations nationales avec l’intégration de 192 projets numériques au cœur du plan de développement couvrant la période 2026-2030. L’objectif affiché est clair : accélérer la mutation vers une administration dématérialisée. Cette vaste initiative concerne un large spectre de services publics, incluant la délivrance de documents administratifs, la gestion des autorisations, ainsi que les procédures fiscales et douanières.

Pour M. Ennaifer, cette transition numérique est porteuse d’une transformation profonde du climat des affaires. Elle promet de réduire significativement les délais de traitement, de simplifier les démarches en limitant la bureaucratie et de faciliter l’accès à l’information. « Elle devrait en outre améliorer la transparence et la compétitivité de l’économie nationale, tout en réduisant les coûts administratifs pour les entreprises et les citoyens, renforçant ainsi l’attractivité pour les investissements locaux et étrangers », a-t-il détaillé.

Quand la finance épouse le numérique

Le mouvement de digitalisation touche également de plein fouet le secteur financier. L’essor des solutions de paiement électronique et des portefeuilles numériques, soutenu par les politiques de la Banque centrale de Tunisie, contribue à une meilleure inclusion financière et à une diminution progressive de l’usage des espèces. Les dernières données de l’institut d’émission, qui font état d’une hausse significative des paiements mobiles et des transactions à distance en 2025, confirment cette tendance. Elles illustrent une évolution des habitudes des consommateurs et une confiance accrue dans les outils numériques. Par ailleurs, l’écosystème FinTech joue un rôle grandissant en facilitant l’accès aux financements pour les jeunes pousses et les entrepreneurs, en particulier ceux situés dans les régions de l’intérieur.

Les conditions d’une réussite collective

Cependant, Bassem Ennaifer a tenu à nuancer cet optimisme en rappelant les prérequis indispensables à la réussite de cette transition. La performance des infrastructures numériques, la sécurisation des données personnelles et le renforcement de la culture numérique au sein de l’administration et auprès des citoyens sont autant de chantiers à mener de front. Il a également insisté sur la nécessité d’adapter le cadre législatif pour garantir la sécurité des transactions électroniques et suivre le rythme des innovations technologiques.

L’expert estime que la Tunisie se trouve à un carrefour décisif. « La Tunisie dispose ainsi d’une opportunité majeure de repenser son modèle de développement à travers la digitalisation complète de l’administration et des services financiers, renforçant l’efficacité, la transparence et la création de richesse et d’emplois », a-t-il souligné, appelant à faire de ce chantier une priorité nationale.

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