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Tunisie : Le droit à l’eau sous tension, plus de 3 000 alertes citoyennes en 2025

La crise de l’eau en Tunisie atteint un niveau d’alerte inédit, révélé par les chiffres de l’Observatoire tunisien de l’eau pour l’année 2025. L’institution a enregistré pas moins de 3 064 signalements émanant directement des citoyens, dressant le sombre tableau d’un accès à l’eau de plus en plus perturbé à travers le pays.

Les coupures, principal motif de colère

L’écrasante majorité des alertes (2 666 cas) concerne des perturbations dans l’approvisionnement et des coupures récurrentes. Ce phénomène met en lumière l’échec patent du système de « distribution par quotas », dénoncé par l’Observatoire. Selon son rapport annuel sur les violations du droit à l’eau, ce mécanisme est appliqué sans cadre d’évaluation clair ni transparence sur son impact réel, que ce soit sur la préservation de la ressource ou sur la couverture des besoins essentiels des populations.

Fuite des réseaux et mobilisations sociales

Au-delà des simples coupures, la vétusté des infrastructures se révèle être un autre point critique. L’Observatoire a recensé 185 alertes liées à des fuites d’eau, symptôme de réseaux vieillissants qui laissent s’échapper une part précieuse de la ressource. Cette pénurie structurelle nourrit un mécontentement grandissant, se traduisant par 170 mouvements de protestation. Parallèlement, 43 signalements ont soulevé des inquiétudes quant à la qualité de l’eau, posant des questions de santé publique dans certaines zones.

Une crise qui s’étend au-delà de la sécheresse

La répartition géographique des signalements confirme que les défis hydriques tunisiens ne sont plus seulement imputables à la sécheresse. Les gouvernorats de l’intérieur et du sud sont en première ligne, avec Gafsa en tête (376 alertes), suivi de Sfax (230), Ben Arous (219) et Médenine (211). Pour l’Observatoire, cette carte des tensions démontre l’existence de défaillances profondes et généralisées en matière de gestion, de maintenance et de gouvernance du secteur de l’eau.

Face à cette situation qui s’aggrave, l’Observatoire tunisien de l’eau lance un appel pressant. Il exige une évaluation indépendante et rigoureuse du système de quotas, dont la perpétuation sans preuve d’efficacité aggraverait, selon lui, les difficultés des citoyens. L’organisme plaide pour une transparence accrue envers la population et pour une réforme structurelle urgente, priorisant la réhabilitation des réseaux pour enrayer le gaspillage et garantir, enfin, un accès sécurisé à l’eau pour tous.

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