Washington et Caracas annoncent deux accords sur le pétrole et l’or
À Houston, les dirigeants de Continental Resources ont signé mercredi 16 septembre un protocole d’accord avec PDVSA, la compagnie publique vénézuélienne, pour développer des gisements situés dans la zone de l’Orénoque. Le producteur américain, contrôlé par Harold Hamm, figure du gaz de schiste aux États-Unis, obtient ainsi un premier feu vert pour intervenir sur une zone évaluée à 30 milliards de barils.
Continental Resources a précisé que l’accord porte sur le bloc Ayacucho 2, dans la ceinture pétrolière de l’Orénoque, au nord du fleuve, dans l’État d’Anzoátegui. L’entreprise indique que le périmètre couvre environ 51 000 hectares, pour des ressources en place estimées à 30 milliards de barils.
Ce volume représente près de 10 % des vastes réserves vénézuéliennes de pétrole, selon les estimations communiquées lors de l’annonce. Le Bulletin statistique annuel 2025 de l’OPEP évalue les réserves prouvées de brut du Venezuela à 303,221 milliards de barils en 2024, ce qui place le pays au premier rang mondial pour cet indicateur.
Washington inscrit l’accord dans une offensive énergétique
Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a salué à Houston « une annonce historique dans les relations entre les États-Unis et le Venezuela ». La réunion ministérielle du G20 consacrée à l’énergie s’est tenue du 14 au 16 septembre à Houston, sous présidence américaine, avec le Venezuela comme pays invité bien qu’il ne soit pas membre du Groupe des vingt.
Le vice-président vénézuélien chargé de l’Économie, Calixto Ortega, a présenté l’accord comme une étape supplémentaire après plusieurs annonces intervenues depuis l’été. « Cet accord n’est pas isolé. Il s’inscrit dans la dynamique forte créée par une série d’accords majeurs conclus ces derniers mois », a-t-il déclaré, y voyant une marque de « confiance » des entreprises américaines envers la reprise économique du Venezuela.
Washington et Caracas avaient déjà annoncé en août que les États-Unis allaient prendre le contrôle de gisements dont le potentiel de production est estimé à 65 milliards de barils. Selon le département américain de l’Énergie, les accords annoncés le 2 septembre avec Chevron, Eni et GE Vernova visaient à accroître la production pétrolière et à moderniser le réseau électrique vénézuélien.
Depuis la capture du président Nicolas Maduro par un raid américain en janvier, l’administration de Donald Trump affiche son intention de relancer l’exploitation des ressources énergétiques et minières vénézuéliennes. Le président américain répète vouloir faire du continent américain le « centre énergétique mondial », dans un contexte de perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient et de hausse des prix du pétrole.
L’or rejoint l’ouverture aux capitaux privés
Les responsables américains et vénézuéliens ont également annoncé mercredi un accord portant sur un projet aurifère avec Heeney Capital. Cette société de capital-investissement basée à New York s’inscrit dans l’ouverture au privé des ressources minières du Venezuela, jusque-là fortement encadrées par l’État.
Heeney Capital avait déjà signé en mai un protocole d’accord lié à d’autres projets miniers. Dans le même mouvement, Mercuria avait annoncé le 1er mai, en partenariat avec Heeney Capital, des accords d’achat et d’investissement concernant des matières premières vénézuéliennes et des projets aurifères, avec une valeur annuelle d’exportations minières attendue d’environ 2,2 milliards de dollars.

