Economie

Tunisie : la demande d’électricité bondit de 3,8 %, le gaz rafle tout

Malgré une hausse des investissements dans les énergies propres, la production d’électricité tunisienne repose encore très majoritairement sur le gaz naturel en 2025. Selon les dernières statistiques de l’Energy Research Unit, la demande nationale a progressé de 3,8 % pour atteindre 24,9 térawattheures (TWh), contre 24 TWh un an plus tôt.

Dans ce contexte, la part du gaz dans le mix électrique a légèrement augmenté sur l’année, tout en se maintenant à son deuxième niveau le plus faible depuis 2015, d’après la même source. Parallèlement, les énergies renouvelables voient leur contribution diminuer, bien que la capacité installée ait bondi de 11 % pour s’établir à 1,21 gigawatt (GW) à fin 2025.

Une dépendance quasi totale aux fossiles

L’analyse détaillée du bouquet énergétique confirme la prépondérance du gaz naturel, seule filière en hausse sur l’année. Ce combustible représente 94,9 % de la production électrique totale en 2025.

Les autres sources restent anecdotiques : le solaire atteint 2,5 %, l’éolien 1,5 %, le fioul 1 %, tandis que l’hydroélectricité demeure négligeable à 0,04 %. Au total, les combustibles fossiles (gaz et pétrole) cumulent 96 % du mix en 2025, contre 95,6 % l’année précédente. Sur un an, la seule part du gaz naturel est passée de 94,5 % à 94,9 %.

Cependant, la moyenne enregistrée sur les deux derniers exercices reste la plus basse depuis 2015, année où la part du gaz s’élevait encore à 92,3 %.

Recul des énergies propres malgré des capacités en hausse

La part des énergies renouvelables dans le mix électrique tunisien a reculé à 4,03 % en 2025, contre 4,4 % un an plus tôt. Le solaire, principale composante verte, voit sa contribution légèrement fléchir à 2,52 % (contre 2,62 % en 2024). L’éolien suit la même tendance à 1,5 %, après environ 1,73 % en 2024. L’hydroélectricité reste symbolique à 0,04 % (0,05 % en 2024).

Cette contre-performance intervient alors que les capacités installées d’énergies propres ont été multipliées par environ 2,5 au cours de la dernière décennie. Le solaire concentre l’essentiel de cette croissance, avec une capacité atteignant 895 mégawatts (MW) fin 2025. À l’inverse, l’éolien marque le pas : sa puissance opérationnelle n’a quasiment pas évolué depuis 2018, stagnante autour de 245 MW, faute de nouveaux projets d’envergure mis en service.

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