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Samsung sacrifie le 1,4 nm sur l’autel du 2 nm : le pari osé pour chiper Apple à TSMC

Le fondeur coréen mise sur une stratégie de long terme pour rivaliser avec TSMC et séduire les géants de la tech, dont Apple, en perfectionnant d’abord son offre 2 nm.

Alors que la course à la miniaturisation des semi-conducteurs s’intensifie, Samsung Foundry semble opter pour une approche plus mesurée. Contrairement aux rumeurs qui évoquaient un possible abandon, le développement de son procédé de gravure 1,4 nm (baptisé SF1.4) reste bien d’actualité. Toutefois, son entrée en production commerciale est désormais programmée pour 2029, soit deux ans plus tard que le calendrier initialement envisagé en 2027.

Ce report stratégique, révélé par WCCFTech, vise à laisser à Samsung Foundry le temps de peaufiner son procédé 2 nm (SF2) – déjà utilisé pour les prochains Exynos 2600 – et d’améliorer les rendements de sa version améliorée, le SF2P. L’objectif est clair : plutôt que de s’engager dans une course contre la montre face à TSMC sur la pointe de la technologie, le fondeur coréen préfère asseoir ses positions sur une génération de gravure plus mature, mais encore très prisée.

Un pari sur le 2 nm pour regagner la confiance des grands comptes

En consacrant davantage de temps et de ressources à son nœud 2 nm, Samsung espère renforcer sa crédibilité auprès des clients potentiels, en particulier ceux qui pourraient être tentés de quitter TSMC. Le rival taïwanais, leader incontesté du marché, fait face à une demande explosive pour ses capacités de production, notamment de la part des fabricants de puces IA comme NVIDIA, et à des tarifs prohibitifs : le prix d’un wafer gravé en 2 nm chez TSMC est estimé à 30 000 dollars, contre près de 45 000 dollars pour un futur wafer en 1,4 nm.

Cette situation de tension, couplée à des volumes de production record (TSMC fabriquerait actuellement 175 000 wafers de 3 nm par mois), crée une opportunité pour Samsung. Le fondeur sud-coréen pourrait se positionner comme une alternative sérieuse pour les entreprises cherchant à diversifier leurs sources d’approvisionnement et à sécuriser leurs chaînes logistiques.

Apple, NVIDIA et les autres : Samsung convoite les clients de TSMC

Parmi les cibles potentielles, Apple figure en bonne place. Le géant de Cupertino, historiquement fidèle à TSMC pour la gravure de ses puces, se montre de plus en plus ouvert à la multi-sourcing. Des rumeurs récentes évoquent d’ailleurs des discussions entre Apple et Intel concernant le procédé 14A (1,4 nm) de ce dernier. Si Samsung parvient à démontrer la fiabilité et la performance de son nœud 2 nm, il pourrait devenir un second fournisseur crédible pour les prochaines générations de puces Apple, d’abord sur le 2 nm, puis éventuellement sur le 1,4 nm à l’horizon 2029.

Par ailleurs, les géants de l’intelligence artificielle, qui s’apprêtent à migrer du 3 nm vers le 2 nm dans les prochains mois, représentent un autre marché colossal à conquérir. En peaufinant son SF2 et en offrant des rendements compétitifs, Samsung Foundry espère capter une partie de ces volumes, alors que TSMC peine déjà à satisfaire la demande.

Une feuille de route révisée pour un pari gagnant ?

Si cette stratégie se confirme, elle marque un tournant pour Samsung Foundry, qui semble privilégier la qualité et la fiabilité à la précipitation technologique. En décalant le 1,4 nm à 2029, le fondeur coréen s’accorde une marge de manœuvre précieuse pour corriger les défauts de ses procédés actuels et se préparer à affronter ses concurrents sur un terrain moins exposé. Reste à savoir si ce pari sera suffisant pour convaincre les grands donneurs d’ordre, et en particulier Apple, de rompre avec l’exclusivité taïwanaise.

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