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Reconnaissance faciale : un code inédit découvert dans l’application des lunettes Ray-Ban Meta 

En novembre 2021, Meta annonçait un virage spectaculaire : la suppression de son outil de reconnaissance faciale sur Facebook, accompagnée de l’effacement de plus d’un milliard d’empreintes biométriques stockées sur ses serveurs. La firme de Mark Zuckerberg invoquait alors « l’incertitude réglementaire » pour justifier cette décision saluée par les défenseurs de la vie privée.

Mais selon une enquête du magazine WIRED, publiée en 2026, cette disparition apparente cacherait une résurrection discrète. Dans le code de l’application Meta AI – qui pilote les fonctions d’intelligence artificielle des lunettes Ray-Ban Meta – les journalistes ont découvert un module inédit nommé « NameTag ». Non documenté par l’entreprise, ce composant semble conçu pour identifier en temps réel les personnes capturées par la caméra embarquée des lunettes.

Un fonctionnement redoutable, déjà distribué en silence

D’après WIRED, NameTag agirait de la manière suivante : la caméra des lunettes saisit un visage, le logiciel génère une empreinte biométrique, la compare à une base locale stockée sur le téléphone de l’utilisateur, puis alerte ce dernier en cas de correspondance. Des éléments de ce système auraient déjà été déployés sur des millions d’appareils dès janvier 2026, sans qu’aucune fonctionnalité n’apparaisse dans l’interface visible. WIRED précise toutefois qu’aucun lancement commercial n’a été officialisé, et que la simple présence du code ne garantit pas une activation imminente.

Des chiffres qui donnent la mesure

L’application Meta AI dépasse les 50 millions de téléchargements, selon Android Authority. En France, les Ray-Ban Meta sont accessibles à partir de 247 euros chez certains opticiens partenaires (notamment Krys). Le groupe EssilorLuxottica, fabricant des lunettes pour Meta, a annoncé dans ses résultats annuels 2025 avoir écoulé plus de 7 millions de paires de lunettes connectées sur l’année – soit plus du triple du volume cumulé des deux années précédentes.

Par ailleurs, Meta avait déjà réintroduit la reconnaissance faciale sur Facebook et Instagram en 2024, mais en la présentant cette fois comme un outil anti-arnaque destiné à traquer les faux visages dans les publicités. En réalité, la technologie n’avait jamais vraiment disparu.

De Harvard aux rues de Boston : un précédent éloquent

En 2024, deux étudiants de Harvard avaient démontré ce que des Ray-Ban Meta couplées à un moteur de recherche facial pouvaient accomplir : identifier des inconnus dans le métro de Boston, retrouver leurs noms et adresses en quelques secondes. Le projet, baptisé I-XRAY, avait fait le tour de la presse spécialisée mondiale. Cette prouesse reposait sur un assemblage de deux outils distincts. Ce que WIRED rapporte en 2026, c’est que Meta aurait directement intégré cette capacité dans son propre écosystème.

Un casse-tête réglementaire européen

L’Europe avait anticipé ce scénario. L’AI Act interdit depuis le 2 février 2025 l’identification biométrique à distance en temps réel dans l’espace public, le moissonnage non ciblé d’images faciales pour constituer des bases de données, ainsi que la catégorisation biométrique sans consentement. Les sanctions encourues peuvent atteindre 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires mondial. La CNIL avait déjà donné le ton en octobre 2022, infligeant à Clearview AI une amende de 20 millions d’euros pour avoir collecté, sans aucun consentement, des milliards d’images faciales sur internet.

Pour un utilisateur français portant des Ray-Ban Meta (y compris la version à écran intégré lancée fin 2025), activer une fonction comme NameTag sur une personne filmée à son insu constituerait une violation directe du RGPD et très probablement de l’AI Act. La seule protection matérielle actuelle est une LED blanche intégrée à la monture, censée prévenir l’entourage qu’un enregistrement est en cours. Des bricoleurs ont déjà prouvé qu’il est possible de la désactiver physiquement pour quelques dizaines de dollars.

Meta met à disposition, pour 247 euros, des lunettes capables de transformer leur porteur en capteur biométrique ambulant – tout cela de la part d’une entreprise qui avait effacé plus d’un milliard d’empreintes faciales en invoquant exactement les préoccupations éthiques et réglementaires qu’elle semble aujourd’hui contourner.

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