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Quand les robots défient Bolt : les humanoïdes chinois pulvérisent le record du 100 mètres

L’histoire sportive s’écrit désormais aussi en circuits imprimés. Lors de la deuxième édition des Jeux mondiaux des robots humanoïdes, deux machines chinoises ont franchi la ligne d’arrivée du 100 mètres en dessous des 9,58 secondes, temps mythique d’Usain Bolt établi en 2009 à Berlin.

Sur la piste du stade national de patinage de vitesse de Pékin, où se déroule jusqu’à ce jour cette compétition internationale inédite, Lightning et Tiangong Ultra ont redéfini les limites de la mobilité robotique. Le Jamaïcain peut-il dormir sur ses lauriers ? Pas si sûr.

Une compétition d’envergure planétaire

La capitale chinoise accueille cette année 2 056 machines, réparties en 666 équipes issues de seize pays, qui s’affrontent sur 51 épreuves sportives. Du football à la boxe, en passant par le saut en hauteur, ces athlètes d’acier repoussent chaque jour un peu plus les frontières du possible.

Lightning et Tiangong Ultra : duel au sommet

Développé par Honor, le géant chinois des smartphones, Lightning a bouclé les 100 mètres en 9,47 secondes. Mais ce temps officiel ne reflète pas tout son potentiel : lors d’un essai chronométré, le robot de 1,69 mètre a atteint la vitesse impressionnante de 14,5 mètres par seconde, validant un chrono de 9,32 secondes.

Pour cette performance, les ingénieurs d’Honor ont équipé leur création de jambes portées à 105 centimètres et d’un système de refroidissement liquide, hérité des smartphones haut de gamme de la marque. Une stratégie qui a déjà fait ses preuves : en avril dernier, un robot de la même lignée avait décroché le record du monde du semi-marathon à Pékin, en 50 minutes et 26 secondes.

Tiangong Ultra, son rival direct conçu par le Beijing Humanoid Robot Innovation Center – une structure fondée notamment par UBTech et Xiaomi – a remporté sa série en 9,39 secondes. Une progression fulgurante pour ce robot de 1,80 mètre pour 55 kilogrammes, qui courait encore le 100 mètres en 21,50 secondes lors de la première édition des Jeux, en août 2025.

La taille compte, même en robotique

« Comme quoi, même en robotique, la taille, ça compte », ont plaisanté les observateurs présents sur le site. Lightning mesure 1,69 mètre, tandis que son rival culmine à 1,80 mètre, un avantage certain pour la longueur de foulée.

Quand les chutes forgent les champions

Il y a un an, le tableau était bien différent. Lors de la première édition des Jeux mondiaux, qui réunissait 280 équipes venues de seize pays, les robots multipliaient les chutes sur le 100 mètres comme sur les autres épreuves. « Même en robotique, il faut tomber plusieurs fois avant de se relever et de courir parfaitement », résume un ingénieur participant à la compétition.

Tiangong Ultra en sait quelque chose : le robot avait débuté sa carrière sportive en avril 2025 en remportant le premier semi-marathon pour robots humanoïdes à Pékin, avec trois changements de batterie sur un tracé au relief varié, en deux heures et quarante minutes.

Le saut en hauteur, autre terrain de record

Les performances ne se limitent pas à la piste. Un robot conçu par la start-up pékinoise X-Humanoid a franchi 2,88 mètres en saut en hauteur, pulvérisant l’ancien record robotique de 0,95 mètre. Le record humain, détenu par le Cubain Javier Sotomayor depuis 1993, plafonne toujours à 2,45 mètres.

Un secteur en pleine effervescence

Le contexte économique et géopolitique n’échappe pas à cette effervescence technologique. Unitree, un autre fabricant chinois, a vu son titre bondir de plus de 500 % lors de ses débuts à la Bourse de Shanghai le 19 août, atteignant une valorisation de près de 50 milliards de dollars. Cette performance survient trois semaines après que la Commission fédérale des communications américaine a ajouté les robots mobiles avancés à sa liste d’équipements interdits aux États-Unis. Selon le cabinet Counterpoint Research, Unitree détient près d’un cinquième du marché mondial des robots humanoïdes.

Les Jeux mondiaux des robots humanoïdes se poursuivent jusqu’à la fin de la semaine à Pékin, offrant un aperçu saisissant de ce que pourrait être le sport de demain – où les limites ne seront plus physiologiques, mais technologiques.

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