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OpenAI prépare une transformation radicale de ChatGPT pour séduire les marchés financiers

Le chatbot à succès pourrait bientôt laisser place à une plateforme ambitieuse mêlant agents autonomes et outils de développement. Derrière cette mutation, des enjeux de rentabilité alors que la start-up se prépare à entrer en Bourse.

Selon une enquête du Financial Times s’appuyant sur une quinzaine de témoignages d’employés actuels et anciens d’OpenAI, l’entreprise californienne accélère le chantier de refonte de son produit phare. ChatGPT revendique près d’un milliard d’utilisateurs, mais la majorité d’entre eux utilisent la version gratuite. Le service doit désormais devenir une vitrine destinée à orienter le public vers des formules payantes.

Du simple dialogue à l’action autonome

Les premières évolutions seront visibles sur les interfaces web et mobile. L’application redirigera progressivement les utilisateurs vers des fonctions de programmation, de création d’images ainsi que vers des services partenaires comme Canva et Booking.com. Au cœur du dispositif se trouve Codex, l’outil de développement signé OpenAI, dont le nombre d’utilisateurs actifs hebdomadaires a sextuplé depuis le lancement d’une version bureau en février, dépassant désormais les cinq millions.

Pour OpenAI, l’avenir de l’intelligence artificielle ne passe plus par le modèle conversationnel. L’entreprise mise sur l’agent : là où ChatGPT répond ponctuellement à des requêtes, un agent peut enchaîner des opérations sans intervention humaine, comme organiser un voyage, gérer un agenda ou rédiger des courriels. Thibault Sottiaux, désormais responsable de l’ensemble de la gamme produit, résume l’ambition : « Notre objectif est que chacun puisse disposer de son propre agent personnel, utile dans tous les aspects de sa vie, tant privée que professionnelle. » Un employé cité par le Financial Times se montre plus direct : « Le chatbot, c’est mort. »

Une convergence dictée par les impératifs boursiers

Cette orientation fait écho à la stratégie d’Anthropic. Jenny Xiao, associée chez Leonis Capital et ancienne chercheuse chez OpenAI, analyse : « Il y a environ un an, OpenAI visait très haut, tandis qu’Anthropic cherchait avant tout à générer des revenus. Aujourd’hui, les deux entreprises convergent parce qu’elles préparent toutes deux une introduction en Bourse et que les investisseurs se soucient davantage de l’argent que des grandes ambitions. »

OpenAI mise sur ses deux millions de clients professionnels, qui représentent environ 40 % de ses revenus actuels. L’objectif est d’atteindre la rentabilité avec une cible de 50 % d’ici la fin de l’année. Ce recentrage s’accompagne de mesures de simplification : la fonction de paiement intégrée à ChatGPT a été abandonnée, Sora – l’outil de génération vidéo lancé il y a moins d’un an – a été arrêté, et plusieurs cadres ont quitté l’entreprise, dont l’ancien directeur produit Kevin Weil.

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