Migrants : l’UE valide des centres d’expulsion hors de ses frontières
Les députés du Parlement européen et des États membres sont parvenus à un accord, lundi soir, pour renforcer les règles migratoires communes. Le texte prévoit notamment la création de centres situés en dehors de l’Union européenne, destinés à accueillir des migrants en situation irrégulière en vue de leur transfert.
Ce dispositif s’accompagne d’une série de mesures visant à accélérer les procédures de renvoi des personnes dont la demande d’asile a été rejetée. Les pays qui le souhaitent pourront donc mettre en place ces structures extra-européennes.
Un vote final encore requis
L’accord doit toutefois être soumis dans les prochaines semaines à un vote d’approbation au Parlement européen ainsi qu’au sein du Conseil représentant les États membres.
Plusieurs pays, dont le Danemark, l’Autriche et l’Allemagne, étudient déjà des pistes pour établir de tels centres dans des nations tierces, comme le Rwanda, l’Ouganda ou l’Ouzbékistan.
Une expérience déjà tentée, sans succès en Albanie
L’idée de centres externalisés n’est pas inédite. L’Italie avait lancé une initiative similaire en Albanie pour y traiter certaines demandes d’asile. Mais cette tentative s’est heurtée à de nombreux recours juridiques, laissant le centre quasiment vide pendant une longue période, relançant ainsi les interrogations sur la faisabilité légale et opérationnelle du concept.
Des divisions persistantes au sein de l’UE
Si plusieurs États membres y voient un moyen de mieux maîtriser les flux migratoires et de raccourcir les délais d’expulsion, d’autres émettent des réserves. La France a exprimé des doutes quant à l’efficacité de tels centres, tandis que l’Espagne s’y est opposée, craignant des atteintes aux droits humains.
Un tournant dans la politique migratoire européenne
Cet accord marque une étape supplémentaire dans le durcissement de la ligne européenne sur l’asile et les retours, dans un contexte de fortes tensions politiques internes. Reste à savoir si le texte sera définitivement adopté par les institutions européennes et comment les États membres utiliseront cette nouvelle faculté d’installer des centres hors de l’UE.

