La STEG autorise enfin le stockage solaire par batteries, mais à quel prix ?
C’est un tournant silencieux, mais stratégique, pour le marché photovoltaïque tunisien. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a publié le 22 juillet, un nouveau référentiel technique qui, pour la première fois, encadre et autorise l’intégration des systèmes de stockage par batteries aux installations solaires raccordées au réseau basse tension.
Jusqu’ici, cette possibilité était fermée. Les particuliers comme les professionnels équipés de panneaux solaires pouvaient produire leur électricité, mais sans pouvoir la conserver pour une utilisation ultérieure, une fois le soleil couché. Une limitation technique qui réduisait de facto leur autonomie énergétique.
Le nouveau cadre réglementaire change la donne. Désormais, les installations peuvent inclure des batteries, sous réserve de respecter un cahier des charges précis établi par la STEG. L’enjeu est double : optimiser le taux d’autoconsommation en valorisant l’énergie produite sur place, et offrir une solution de secours en cas de coupure du réseau national.
Cette décision n’est pas anodine. Elle intervient alors que le système électrique tunisien subit une pression croissante, avec des délestages récurrents ces dernières semaines, provoqués par une demande record liée aux vagues de chaleur extrême. Dans ce contexte, le stockage apparaît comme une soupape de flexibilité bienvenue, au niveau local.
Mais le texte de la STEG ne fait pas tout. Il pose les règles : exigences de sécurité, compatibilité onduleur-batterie, et liste des pièces techniques à fournir pour l’étude des dossiers. Reste une question centrale, celle du ticket d’entrée. Selon les professionnels du secteur, investir dans un système complet – batteries, onduleur adapté et équipements annexes – exige un budget compris entre 18 000 et 30 000 dinars, en fonction de la capacité de stockage choisie.
Un montant qui réserve encore cette technologie à une clientèle disposant d’une capacité d’investissement solide. Pour les ménages moyens, le frein financier demeure entier.
Avec cette publication, le stockage solaire entre officiellement dans le périmètre technique et réglementaire tunisien. Une avancée indéniable. Reste à savoir si elle restera un luxe ou deviendra, à terme, un standard énergétique accessible. Le référentiel détaillé est d’ores et déjà disponible en téléchargement.

