Fiscalité en Afrique : un poids trop lourd sur la consommation
Le constat est récurrent, mais rarement aussi documenté : les systèmes fiscaux africains demeurent largement adossés aux impôts sur la consommation, tandis que la contribution du patrimoine et des très hauts revenus reste marginale. Ce déséquilibre, mis en lumière par le dernier rapport Revenue Statistics in Africa 2025 – publié conjointement par l’OCDE, la Commission de l’Union africaine et le Forum africain sur l’administration fiscale – relance le débat sur la justice des prélèvements et, surtout, sur leurs répercussions pour les ménages les plus vulnérables.
En 2023, sur les 38 pays africains inclus dans l’étude, les taxes portant sur les biens et les services ont absorbé 51,2 % de l’ensemble des recettes fiscales. À elles seules, les rentrées de TVA représentent 26,6 % du total. En miroir, les impôts sur le revenu et les prestations sociales ne pèsent que 40 %, décomposés en 16,5 % pour l’impôt sur les personnes physiques et 21,4 % pour l’impôt sur les sociétés.
Cette écrasante majorité des prélèvements indirects n’a rien d’un hasard. Elle traduit d’abord une réalité administrative : dans des États aux capacités de contrôle encore limitées, il est bien plus aisé de collecter la TVA auprès des importateurs, des gros distributeurs et des entreprises structurées que de traquer les revenus ou le patrimoine dans des économies où l’informel tient une place centrale. Résultat : le ratio moyen des recettes fiscales plafonne à 16,1 % du PIB en Afrique en 2023, très loin des 33,9 % enregistrés dans les pays de l’OCDE. Une différence qui interroge, au-delà de l’efficacité, sur la soutenabilité sociale de ces choix fiscaux.

