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Pénurie d’eau : la Tunisie face à une perte potentielle de 6,4 % de PIB en 2050

La Banque mondiale prévient, sans mesures suffisantes face au déficit hydrique, la Tunisie pourrait perdre 6,4 % de son PIB d’ici 2050. L’agriculture, très exposée, pourrait voir sa valeur ajoutée reculer de 29 %.

Dans son dernier Bulletin de conjoncture économique consacré au pays, intitulé « Le défi de l’eau en Tunisie : de la pénurie à la résilience », l’institution estime que, si les tendances actuelles se poursuivent, le déficit hydrique entraînerait une contraction du PIB de 3,4 % en 2030, puis de 6,4 % en 2050.

Un risque qui dépasse l’agriculture

La Banque mondiale souligne que la question de l’eau ne concerne pas uniquement le secteur agricole. Ses conséquences pourraient toucher plusieurs activités dépendantes de cette ressource, notamment l’agro-industrie, le tourisme et l’industrie.

L’agriculture demeure toutefois parmi les secteurs les plus vulnérables. Elle emploie environ 14 % de la population active et jusqu’à la moitié des travailleurs ruraux, selon l’institution. Dans le scénario de poursuite des tendances actuelles, la valeur ajoutée agricole pourrait diminuer de 29 % à l’horizon 2050. La Banque mondiale estime aussi qu’au moins 30 % des emplois agricoles pourraient disparaître d’ici le milieu du siècle si rien n’est fait pour réduire l’impact du stress hydrique et climatique.

Un quart de la demande en eau pourrait rester insatisfait

Le déséquilibre entre l’offre et la demande devrait également s’aggraver. Selon les analyses de la Banque mondiale, environ un quart de la demande en eau pourrait rester insatisfaite en 2050 si aucune action structurelle n’est engagée.

Face à cette situation, l’institution considère que les investissements prévus dans le cadre du Plan Eau 2050 devront s’accompagner de réformes, notamment sur la gouvernance du secteur, la viabilité financière et la performance des opérateurs.

Réformes et gestion de la demande

La Banque mondiale recommande aussi la modernisation du Code des eaux, le développement de la réutilisation des eaux usées traitées, l’amélioration du recouvrement des coûts et la protection des ménages vulnérables.

Parmi les mesures mises en avant figurent également la réduction des pertes dans les réseaux, la digitalisation et une meilleure gestion de l’irrigation.

Pour l’institution, la sécurité hydrique ne relève donc pas seulement de l’environnement. Elle conditionne aussi la production agricole, l’emploi et une partie des perspectives économiques de la Tunisie.

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