Economie

Pétrole: Le Brent atteint 97,48 dollars

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran dans le détroit d’Ormuz propulsent les cours du brut à des niveaux inédits depuis plusieurs mois. Ce lundi, le Brent a brièvement dépassé les 97 dollars, tandis que le marché retient son souffle face à un possible seuil symbolique des 100 dollars.

Les marchés pétroliers entament la semaine sous le signe de la tension géopolitique. Ce lundi 7 septembre 2026, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a franchi la barre des 97 dollars en séance, pour atteindre un pic à 97,48 dollars avant de se stabiliser autour de 96,63 dollars. Dans le même temps, le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, s’est échangé à 92,62 dollars, enregistrant une progression de 1,25 %.

Cette envolée s’inscrit dans le prolongement d’une semaine déjà très volatile : le Brent avait gagné 7,8 % sur la période écoulée, quand le WTI affichait une hausse de près de 10 %. Une dynamique haussière directement alimentée par la recrudescence des affrontements en mer, où se multiplient les frappes entre forces américaines et iraniennes, ciblant notamment des navires dans les eaux stratégiques du détroit d’Ormuz.

Des frappes qui resserrent l’étau sur les exportations

Ce week-end, Washington a annoncé avoir mené des frappes samedi contre trois pétroliers iraniens, dont l’un se trouvait à proximité de l’île de Kharg, plaque tournante des exportations de pétrole de la République islamique. En réponse, la marine des Gardiens de la révolution iranienne a affirmé avoir visé plusieurs navires empruntant des itinéraires qu’elle juge non autorisés.

Conséquence immédiate : le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz s’est considérablement ralenti. Selon les données de la société d’analyse maritime Kpler, seuls dix navires transportant des matières premières y ont transité quotidiennement au cours des dix derniers jours, un plus bas depuis mai. Pourtant, cette voie d’eau constitue en temps normal un artère vitale pour l’approvisionnement mondial, puisqu’elle achemine environ un cinquième de l’offre globale de pétrole.

L’Opep+ maintient le cap

Dans ce climat d’incertitude, l’Opep+ a choisi de ne pas modifier sa politique de production pour le mois d’octobre. Le groupe, qui doit encore se prononcer sur de nouvelles allocations, temporise face à un environnement devenu hautement imprévisible.

Pour les analystes, un scénario de confrontation prolongée entre Washington et Téhéran est désormais le plus probable. Les exportations pétrolières moyen-orientales pourraient rester entravées jusqu’à la fin de l’année, avec une hypothèse de réouverture progressive du trafic à l’horizon du quatrième trimestre 2026. Toutefois, un retour aux niveaux de flux d’avant-crise n’est pas attendu avant la fin du premier trimestre ou le début du deuxième trimestre 2027.

Le seuil des 100 dollars en ligne de mire

À court terme, l’évolution des prix demeure suspendue à chaque nouveau développement dans le Golfe. Toute nouvelle escalade ou perturbation du trafic dans le détroit d’Ormuz pourrait accentuer la pression haussière et rapprocher davantage le Brent du seuil symbolique des 100 dollars le baril, un niveau que le marché n’a plus approché depuis plusieurs années. L’équilibre entre offre et demande, déjà fragile, tient désormais à un fil géopolitique.

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