L’or poursuit sa chute vers 4 400 dollars
Le métal jaune a entamé la semaine sur une note négative, cédant sous les 4 400 dollars l’once, alors que les investisseurs intègrent désormais un relèvement des taux directeurs américains comme quasi certain pour la réunion de septembre. Un changement de cap dicté par la vigueur inattendue du marché du travail américain, publiée vendredi, et ravivé par la flambée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui nourrit à nouveau les craintes inflationnistes.
La pression ne faiblit pas sur le marché de l’or. Ce lundi, l’once d’or fin évoluait autour des 4 400 dollars, prolongeant ainsi un mouvement de correction amorcé en fin de semaine dernière. En cause : un rééquilibrage brutal des anticipations monétaires, provoqué par la publication, vendredi, de chiffres de l’emploi américain nettement plus robustes que prévu.
Selon les données officielles, l’économie américaine a créé 162 000 emplois non agricoles en août, après une révision à la hausse de 23 000 postes pour le mois de juillet. Un score qui surclasse très largement le consensus des économistes. Dans le même temps, le taux de chômage est resté stable à 4,1 %, tandis que la croissance annuelle des salaires a ralenti à 3,1 %, un ralentissement toutefois moins prononcé que les projections les plus prudentes.
Ce cocktail de résilience du marché du travail et de persistance des pressions salariales a immédiatement rebattu les cartes sur le front des taux. Les opérateurs ont sensiblement relevé leurs paris : la probabilité d’une hausse des taux de la Réserve fédérale en septembre est désormais évaluée à environ 60 %, contre près de 50 % avant la divulgation des statistiques. Un mouvement suffisant pour roguer l’attrait de l’or, actif non rémunéré, face à des rendements obligataires appelés à se tendre.
À ce premier catalyseur baissier s’ajoute un second facteur de volatilité : la flambée des prix du pétrole, alimentée par un regain de tensions géopolitiques. Au cours du week-end, les États-Unis et l’Iran ont échangé des frappes visant des navires, ranimant les inquiétudes sur les approvisionnements énergétiques et, par ricochet, sur une résurgence de l’inflation importée. Dans ce contexte, l’or, traditionnel bouclier anti-inflationniste, se trouve pris en étau : moins compétitif face à des taux en hausse, mais soutenu en théorie par la hausse des prix énergétiques. Pour l’heure, le premier effet l’emporte, pénalisant le cours du métal précieux.
Les prochains jours seront donc décisifs, alors que le marché guettera tout signal supplémentaire des responsables de la Fed, à l’approche d’une décision monétaire qui s’annonce comme l’une des plus scrutées de l’année.

