Economie

L’indice FAO des prix alimentaires à son plus haut depuis novembre 2022

Après une accalmie relative ces derniers mois, les prix alimentaires mondiaux repartent nettement à la hausse. Selon les données publiées vendredi 4 septembre par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’indice global des prix alimentaires a atteint 133,3 points en août 2026. Une progression de 1,9 % sur un mois et de 2,5 % sur un an, qui ramène l’indicateur à son niveau le plus élevé depuis novembre 2022.

Ce nouvel essor concerne l’ensemble des grandes catégories de produits suivies par la FAO. Les céréales grimpent de 2,2 % sur un mois, les produits laitiers de 2,3 %, les huiles végétales de 1,1 % et la viande de 1 %. Mais c’est le sucre qui tire la locomotive : son indice spécifique s’envole de 11,9 % rien qu’en août.

Dans le détail, le sous-indice des céréales progresse de 2,2 %, porté par le blé (+2,6 %) et le maïs (+2,5 %). Pour le blé, la FAO pointe les perturbations logistiques en mer Noire, des perspectives de récoltes dégradées en Europe après les vagues de chaleur et de sécheresse, ainsi qu’un dollar plus faible. Résultat : les prix du blé affichent désormais une hausse de 15 % par rapport à août 2025.

Côté maïs, les tensions s’accumulent également : rendements incertains aux États-Unis, production européenne sous pression, demande animale et éthanol toujours soutenue, sans oublier les difficultés d’approvisionnement liées aux tensions géopolitiques.

Mais la véritable flambée du mois vient du sucre, dont l’indice bondit de 11,9 %. Plusieurs facteurs expliquent ce sursaut : les craintes sur les rendements de betterave dans l’UE, les risques liés au phénomène El Niño en Asie, des prévisions de production revues à la baisse au Brésil, et la décision de l’Inde d’autoriser des importations de sucre brut sans droits de douane.

Derrière cette hausse généralisée, un même dénominateur : une accumulation de risques pesant sur l’offre mondiale. Les conditions météorologiques défavorables frappent plusieurs grands bassins agricoles, tandis que les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine continuent d’entraver certaines routes commerciales et logistiques.

Malgré cette remontée spectaculaire, l’indice FAO reste encore 16,8 % en dessous de son pic historique de mars 2022. Mais pour les marchés, le signal est clair : après des mois de relative stabilité, la volatilité est de retour.

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