Après la crise, le ministère de l’Agriculture dévoile sa stratégie de survie pour la filière laitière
Face à la persistance des tensions sur la filière lait, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche apporte un éclairage circonstancié sur les racines de la crise, tout en rappelant l’arsenal de mesures déployé depuis cinq ans pour tenter d’endiguer le mouvement.
Dans une réponse écrite adressée à une question parlementaire sur l’état du secteur, le département a distingué deux ordres de causes. D’une part, des facteurs structurels – fragmentation de la filière, prédominance de petits troupeaux, vulnérabilité intrinsèque des exploitants – et, d’autre part, des chocs conjoncturels violents. Parmi ces derniers, la succession d’années sèches et la raréfaction des ressources hydriques ont lourdement pesé sur la production de fourrages grossiers, contraignant les éleveurs à recourir massivement aux aliments composés.
Parallèlement, la flambée des matières premières destinées à l’alimentation animale sur les marchés internationaux a creusé un écart persistant entre les coûts de production et les prix de vente, accentuant la précarité des petits producteurs.
Pour répondre à cette dégradation, le ministère indique avoir convoqué six conseils ministériels entre 2020 et 2024, dédiés à l’examen de la filière et à la définition de mesures de sauvegarde. Ces instances ont abouti à des décisions concrètes : le prix minimum garanti du lait à la production a été révisé à trois reprises – en août 2020, avril 2021 et février 2023 – passant de 0,945 dinar à 1,340 dinar le litre. La prime de collecte a, dans le même temps, été relevée à 115 millimes par litre au bénéfice des collecteurs, des centres de refroidissement et des industriels.
Par ailleurs, une coordination avec le ministère du Commerce a permis de plafonner les prix des aliments pour bétail, afin de contenir la hausse des charges et de préserver le cheptel national.
Le ministère évoque également l’élaboration d’une stratégie nationale de développement de la production fourragère, conçue selon une approche participative associant l’ensemble des acteurs de la chaîne.
Enfin, il précise avoir achevé les textes d’application du programme national de reconstitution du cheptel, destiné à combler le déficit du patrimoine animal. Cette étape réglementaire doit désormais permettre le lancement effectif du plan et, à terme, le rétablissement progressif des équilibres de la filière laitière.

