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ODD : la Tunisie confirme son rang de leader en Afrique, le Maroc en tête de la région MENA

Le dernier rapport du Réseau des solutions pour le développement durable (SDSN), publié sous l’égide des Nations unies, dresse un état des lieux contrasté de la progression des États vers les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030. Avec un indice global de 71,3 sur 100, la Tunisie se hisse à la 72ᵉ place mondiale et confirme sa position de troisième pays africain le plus avancé dans cette course, devancée uniquement par le Maroc et l’Algérie.

Ce score, qui mesure la convergence entre politiques publiques et cibles onusiennes dans 169 pays, reflète une avancée réelle mais inaboutie. Pour la Tunisie, il traduit des acquis solides dans les secteurs sociaux, notamment en matière d’accès à la santé et à l’éducation. Toutefois, ce niveau intermédiaire masque des disparités persistantes : les inégalités entre régions, la fragilisation des ressources naturelles et les insuffisances d’un modèle de croissance économique durable freinent encore l’élan vers un développement pleinement intégré.

Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, c’est le Maroc qui caracole en tête, avec un score de 71,7 et une 68ᵉ place mondiale. Le royaume tire son épingle du jeu grâce à des investissements soutenus dans les infrastructures, les réformes sociales et la transition énergétique. L’Algérie, avec un score identique à celui de la Tunisie (71,3), occupe le 70ᵉ rang. Suivent l’Égypte (86ᵉ, 69 points), puis une série de pays comme le Cap-Vert (95ᵉ), Maurice (97ᵉ), la Namibie (100ᵉ), le Kenya (106ᵉ), l’Afrique du Sud (109ᵉ), Sao Tomé-et-Principe (111ᵉ) et le Botswana (112ᵉ).

Malgré ces performances notables pour certains pays du Maghreb, le continent africain dans son ensemble reste marqué par un retard structurel. Pauvreté, inégalités sociales, accès limité aux services essentiels et vulnérabilité climatique pèsent lourdement sur les scores moyens. Les écarts de modèles de croissance et de capacités d’adaptation freinent la convergence vers un développement durable partagé, même si le Maroc, la Tunisie et l’Algérie se distinguent comme des pôles d’avance relative.

Au sommet du classement mondial, la Finlande confirme son statut de modèle avec un indice de 87,4, grâce à une combinaison de politiques publiques exemplaires dans les domaines éducatif, social, énergétique et environnemental. Le haut du tableau est largement dominé par les nations européennes : Suède, Danemark, Norvège, Allemagne, France, Royaume-Uni, Islande et Tchéquie, rejointes par l’Australie, qui complètent le top 10.

À l’opposé, les derniers rangs reviennent à des États confrontés à des crises multiples, principalement en Afrique subsaharienne. Soudan du Sud, République centrafricaine, Tchad et Somalie ferment la marche, victimes d’une instabilité politique chronique, de conflits armés, d’une pauvreté extrême et d’un accès défaillant aux infrastructures et aux services de base, qu’il s’agisse de la santé, de l’éducation ou de l’électricité.

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