L’OPEP au plus bas depuis 37 ans : la guerre Iran-États-Unis étrangle la production pétrolière
En mai 2026, les couloirs du pouvoir pétrolier mondial ont vibré d’un choc historique. Selon les relevés mensuels de l’OPEP, la production des 11 membres encore dans l’alliance est tombée à 16,33 millions de barils par jour, un plancher inégalé depuis près de quatre décennies. Soit une chute brutale d’environ 1,22 million de barils quotidiens par rapport aux mois antérieurs.
Ces chiffres ne tiennent pas compte des Émirats arabes unis, qui ont tourné la page après soixante ans de fidélité à l’organisation.
Derrière ce recul spectaculaire, un seul et même théâtre : le conflit ouvert entre l’Iran et les États-Unis. En perturbant violemment les routes maritimes du Moyen-Orient – blocus portuaire, tensions stratégiques autour du détroit d’Ormuz – la guerre a contraint les géants de la région, Koweït, Irak et Arabie saoudite en tête, à revoir drastiquement à la baisse leurs extractions face à l’insécurité logistique.
L’Iran paie le tribut le plus lourd : sa production s’effondre de 710 000 barils par jour pour tomber à 2,34 millions, son plus faible niveau en cinq ans.
Des baisses systémiques chez les poids lourds
Au Koweït, la chute est vertigineuse : moins 310 000 barils par jour, pour un total résiduel de 490 000 barils – une simple fraction de sa capacité d’avant-guerre.
L’Arabie saoudite, chef de file historique de l’OPEP, n’est pas épargnée : sa production recule de 240 000 barils par jour, s’établissant à 6,57 millions de barils quotidiens.
Paradoxe saisissant : alors que l’offre réelle se contracte sous les coups du réel, l’OPEP et ses partenaires continuent d’annoncer des relèvements de quotas sur le papier. Les représentants du cartel évoquent ainsi une hausse modeste de quelque 188 000 barils par jour pour juillet, et d’autres ajustements théoriques à l’étude pour août et septembre.
Rappelons que les Émirats arabes unis ont profité de cette instabilité pour sortir stratégiquement de l’alliance. Abou Dhabi, qui dénonçait depuis des mois des quotas trop restrictifs empêchant la valorisation de ses investissements dans l’expansion de sa capacité pétrolière, a donc choisi ce moment pour prendre son indépendance.

