Évitez Instagram et les Esplanades : le vrai prix du mouton se décide au marché hebdomadaire
Medani Dhawi, président du syndicat des agriculteurs, a alerté les consommateurs sur les risques liés aux annonces de vente d’animaux pour l’Aïd publiées sur Instagram et sur d’autres plateformes sociales, ainsi qu’aux points de vente informels « Esplanades ». Il souligne que certains intermédiaires tirent profit de la méconnaissance des acheteurs, en particulier en ville, en matière de critères pour bien choisir un mouton et d’évaluation du coût réel.
Dans une interview accordée à L’Écho Tunisien, M. Dhawi a exhorté les citoyens à ne pas céder à leurs émotions, qu’il présente comme des « points faibles » dont ces courtiers appelés « gachara » profitent pour dégager des marges bénéficiaires pouvant atteindre 100 % par rapport au prix d’achat de l’animal chez le producteur.
Selon lui, le consommateur est tenu de se référer impérativement au prix de référence de la viande. Il a rappelé que le kilogramme ne devrait pas excéder 60 dinars, sachant que ce montant, pratiqué par les bouchers, inclut déjà leur bénéfice.
M. Dhawi a rappelé que les prix réels des moutons de l’Aïd se déterminent dans les marchés hebdomadaires des différentes délégations du pays. Il a invité les citoyens à s’y rendre, car ces marchés représentent l’espace le plus approprié, offrant à la fois un large choix et des prix plus transparents.
Le président du syndicat des agriculteurs a également mis en garde contre les ventes entre particuliers et les espaces accaparés par les intermédiaires, à l’instar des « Esplanades ». Selon lui, ces lieux sont propices aux manipulations, tant sur les prix que sur les émotions des acheteurs. Résultat : le kilogramme de viande peut atteindre 120 dinars, une flambée due à l’ignorance du marché et des règles les plus élémentaires de la vente.

