Economie

Pétrole : +3 % sur le Brent

Les cours du brut progressent ce jeudi, alors que les marchés doutent de la viabilité du cessez-le-feu conclu entre Téhéran et Washington, entré dans sa deuxième journée. Parallèlement, le détroit d’Ormuz demeure largement paralysé.

Vers 9h30 GMT (11h30 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord, à échéance juin, s’appréciait de 3,01 % pour s’établir à 97,60 dollars. Dans le même temps, son homologue américain, le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai, grimpait de 3,15 % à 97,38 dollars.

L’optimisme suscité mercredi par l’annonce de la trêve, qui avait entraîné une chute des prix, cède désormais la place à « une analyse plus réaliste », a commenté Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

Les frappes israéliennes menées mercredi au Liban – ayant causé 182 morts et 890 blessés selon les autorités libanaises – font peser « un grave danger sur le cessez-le-feu et les efforts en faveur d’une paix durable et générale dans la région », a déclaré dans la nuit le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, par l’intermédiaire de son porte-parole.

L’agence iranienne Fars a rapporté que « le passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz a été totalement interrompu » mercredi après l’attaque israélienne contre le Liban, que Téhéran considère comme une « violation du cessez-le-feu ». Les États-Unis, estimant que le Liban n’est pas couvert par l’accord, ont prévenu qu’il serait « inacceptable » que l’Iran bloque à nouveau ce détroit.

« Il semble déjà y avoir un désaccord sur le plan en dix points effectivement en vigueur », ce qui suggère que « le cessez-le-feu est mal conçu et mal appliqué », a noté M. Rasmussen.

Les craintes sur le transit maritime s’étendent également à l’annonce, jeudi, par la marine des Gardiens de la Révolution iraniens : les navires traversant le détroit d’Ormuz doivent désormais emprunter deux routes alternatives proches des côtes iraniennes, en raison d’un risque potentiel de « mines » sur l’itinéraire habituel plus au large.

Le trafic naval dans la zone reste très réduit. Lloyd’s List Intelligence fait état d’une baisse de 90 % des passages par le détroit d’Ormuz par rapport à la normale sur la semaine écoulée, le flux résiduel étant dominé par des navires liés à l’Iran.

Tant que cette situation persiste, la capacité d’exportation pétrolière des pays du Golfe demeure particulièrement limitée, ce qui soutient la hausse des prix.

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