Agriculture: une campagne céréalière prometteuse mais sous surveillance
Les récentes précipitations tombées sur une grande partie du territoire tunisien laissent entrevoir des perspectives favorables pour les grandes cultures, indique Tarek Makhzoumi, membre du bureau exécutif national chargé des ressources naturelles et du développement durable à l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP). Lors de sa déclaration à la radio, le responsable a souligné que ces pluies, abondantes et largement réparties, ont non seulement amélioré l’état des récoltes mais aussi contribué à atténuer le déficit hydrique.
Toutefois, Makhzoumi appelle à la vigilance face au risque de développement de maladies cryptogamiques, en particulier la rouille. Il recommande aux agriculteurs d’inspecter régulièrement leurs parcelles et d’intervenir au moment opportun avec des traitements adaptés, en coordination avec les services agricoles.
Selon lui, les stades de développement des cultures diffèrent selon les régions. Dans le Nord, notamment à Béja, Jendouba et Kairouan, les céréales n’ont pas atteint le même niveau qu’au Kef ou à Sidi Bouzid. Certaines parcelles sont au stade de l’épiaison, tandis que d’autres se situent encore à des stades de croissance avancés ou intermédiaires. À ce propos, il a rappelé le rôle clé de l’azote pour assurer une bonne progression des végétaux à ce moment du cycle.
Le représentant de l’UTAP a également souligné que ces pluies permettent de réduire les coûts de production grâce à une irrigation naturelle, mais que le prix final des produits reste largement déterminé par les circuits de distribution. Il a plaidé pour un renforcement du contrôle de ces circuits afin de trouver un équilibre entre les intérêts des agriculteurs et ceux des consommateurs.
Par ailleurs, Tarek Makhzoumi s’est réjoui de l’amélioration des réserves d’eau dans les barrages, qui atteignent aujourd’hui 1,4 milliard de mètres cubes, contre seulement 664 millions à la même période l’année dernière, après plusieurs années de sécheresse. Il a néanmoins insisté sur la nécessité de préserver ces ressources hydriques et de rationaliser leur usage, rappelant que l’eau demeure une ressource vitale pour la vie et le développement du pays.

