Economie

Croissance à 4,8 % : un mirage pour les pays les plus vulnérables ?

Les dernières évaluations du Fonds monétaire international, publiées fin mars 2026 dans son rapport sur les Évolutions et perspectives macroéconomiques dans les pays à faible revenu, dressent un tableau contrasté de ces économies. Si la trajectoire de croissance reste soutenue en apparence, elle n’en demeure pas moins fragilisée par des tensions externes et un accès au financement de plus en plus restrictif.

En 2025, le produit intérieur brut de cet ensemble de pays a progressé en moyenne de 4,8 %. Un chiffre qui, s’il semble témoigner d’une certaine vigueur, masque en réalité des situations très hétérogènes. Alors que quelques nations tirent leur épingle du jeu avec des performances dynamiques, d’autres peinent à générer une expansion suffisante pour élever significativement le niveau de vie de leurs populations. Ce fossé, selon les prévisions, devrait se creuser encore davantage dans les années à venir.

L’environnement international ajoute une couche d’incertitude supplémentaire. Entre tensions géopolitiques, recompositions des politiques commerciales et migratoires, et une refonte en cours de l’architecture de l’aide au développement, les pays concernés subissent de plein fouet une volatilité accrue sur les marchés et des fluctuations marquées des prix des matières premières. Un cocktail instable qui pénalise d’abord les économies les moins résilientes.

Du côté des fondamentaux internes, quelques éclaircies apparaissent. Plusieurs États parviennent à enregistrer un reflux de l’inflation, tandis que les grands déséquilibres macroéconomiques s’atténuent lentement. Mais ces progrès, inégaux d’une région à l’autre, restent précaires. Sur le front budgétaire, les efforts de consolidation ont permis de maîtriser un peu mieux l’évolution de la dette publique, sans toutefois réduire substantiellement les risques de surendettement, toujours à un niveau préoccupant.

L’accès aux financements extérieurs constitue une autre source de pression. Les flux vers ces économies se sont nettement contractés ces dernières années, avec une baisse marquée tant des investissements directs étrangers que des financements concessionnels. L’aide publique au développement suit une tendance similaire, tandis que les dons cèdent progressivement la place à des prêts, souvent assortis de conditions plus onéreuses. Face à cette contrainte, plusieurs gouvernements se tournent vers l’endettement domestique, une option qui peut se révéler plus coûteuse et risquée à long terme.

Dans ce contexte contraint, les transferts des travailleurs migrants apparaissent comme un soutien essentiel. Ces fonds, qui contribuent à la consommation et aux revenus des ménages, voient néanmoins leur avenir assombri par le durcissement des politiques migratoires dans les principaux pays d’accueil.

Malgré un environnement semé d’embûches, le FMI estime que les perspectives restent globalement favorables, à condition que des réformes structurelles soient engagées et que le soutien de la communauté internationale se maintienne. L’institution met en garde : sans efforts supplémentaires, ces pays demeureront vulnérables aux chocs extérieurs, avec une croissance trop modeste pour permettre une réduction durable de la pauvreté.

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