CPG : l’urgence d’une restructuration industrielle face à l’hémorragie financière
Les tensions sociales sont montées d’un cran, mardi le 31 mars 2026, à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), où les agents ont organisé une action de protestation pour dénoncer le non-paiement des salaires dans les délais convenus. Une situation qui, selon la représentante de la Fédération générale des mines (UGTT), Rim Hilal, révèle une fois de plus l’ampleur des difficultés financières auxquelles se heurte l’entreprise publique.
Intervenant sur les ondes d’une radio, la responsable syndicale a livré un diagnostic sans concession : la société manque cruellement d’une stratégie de restructuration et d’une vision claire de redressement. À ses yeux, l’endettement, qui ne cesse de croître, sert aujourd’hui essentiellement à éponger la masse salariale, au détriment des investissements indispensables à la modernisation des outils de production et à la relance de l’activité extractive.
Décrivant une situation qu’elle a qualifiée de « grave et prévisible », Rim Hilal a mis en cause un déficit persistant de gouvernance ainsi que l’absence de toute orientation stratégique depuis près de deux ans, facteurs qui n’ont fait qu’aggraver une crise devenue structurelle.
La représentante syndicale a également alerté sur les risques sociaux d’une telle paralysie, appelant la présidence de la République et le gouvernement à intervenir sans délai pour élaborer un plan de sauvetage national destiné à préserver un secteur jugé stratégique. Par ailleurs, elle a déploré une dégradation des conditions de travail, notamment en matière de sécurité professionnelle, tout en assurant que l’organisation syndicale continue, malgré les obstacles, de veiller à la continuité de l’activité.

