Economie

La « réduflation » s’installe discrètement dans les rayons tunisiens

C’est une tendance sournoise que l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) a choisi de mettre en lumière à l’entrée du mois sacré. Alors que les ménages tunisiens adaptent leur budget aux traditions du ramadan, une pratique commerciale discrète mais répandue vient grignoter leur pouvoir d’achat : la « réduflation ».

Dans une note récente, l’IACE alerte sur la multiplication de ce phénomène sur le marché local. Concrètement, il s’agit pour les industriels de réduire discrètement le conditionnement des produits — qu’il s’agisse du poids, du volume ou du nombre d’unités — tout en maintenant, voire en augmentant, le prix de vente affiché. Une manière de faire passer une hausse des tarifs… sans en avoir l’air.

Sans surprise, ce sont les rayons de l’agroalimentaire et des boissons qui sont les plus touchés. Mais l’emballage qui rétrécit gagne aussi du terrain dans d’autres secteurs, comme le textile, selon le think tank patronal.

Pour les entreprises, la tentation est grande. Face à la flambée du coût des matières premières et des intrants, la réduflation agit comme un amortisseur. Plutôt que de procéder à une augmentation franche des prix, qui pourrait faire fuir le consommateur vers la concurrence, l’industriel préfère ajuster le grammage. Une stratégie de préservation des parts de marché, dans un contexte économique où la concurrence fait rage.

Mais pour le consommateur, l’addition est la même. L’IACE qualifie d’ailleurs cette pratique d’ »inflation dissimulée ». Le porte-monnaie s’allège sans que l’étiquette ne change, rendant la perte de pouvoir d’achat plus difficile à identifier.

Face à ce vide juridique, l’institut tire la sonnette d’alarme. Il pointe du doigt les limites du dispositif national de contrôle, qui reste focalisé sur le prix final sans cadre spécifique pour traquer les variations de volume. Pour endiguer le phénomène, l’IACE appelle à un renforcement du cadre réglementaire. Parmi ses recommandations : imposer une information claire et obligatoire du consommateur en cas de modification des quantités, et instaurer une veille régulière des marchés pour suivre l’évolution des conditionnements.

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