Economie

Huile d’olive : la Tunisie séduit l’Italie avec 170,8 millions de dinars de ventes

Les performances à l’export du secteur oléicole tunisien affichent une embellie significative depuis le début de la campagne agricole. Selon les derniers chiffres publiés par l’Observatoire National de l’Agriculture (ONAGRI), la période allant de novembre 2025 à janvier 2026 a été particulièrement faste.

Le volume des expéditions a franchi un palier historique en atteignant 130,9 millions de kilogrammes. Ce résultat marque une progression de 55,7 % par rapport aux 84,1 millions de kilogrammes exportés sur la même période lors de la campagne précédente.

Cette envolée quantitative s’est naturellement répercutée sur la balance commerciale du secteur. La valeur totale des exportations s’élève désormais à 1 621,2 millions de dinars tunisiens, soit une augmentation de 34,8 % en comparaison avec les 1 202,3 millions de dinars enregistrés un an plus tôt. L’engouement persistant des marchés internationaux pour les huiles de haute qualité, en particulier la catégorie « vierge extra », explique en grande partie cette dynamique. Cette dernière représente d’ailleurs l’écrasante majorité des ventes, avec une part de 89,5 % du volume total exporté.

L’analyse des modes de commercialisation révèle une structure de marché bien établie. L’huile d’olive conditionnée en vrac continue de dominer les flux, représentant 88,4 % des volumes exportés, soit 115,7 millions de kilogrammes. À l’inverse, l’huile conditionnée (embouteillée) ne pèse que 11,6 % du volume. Cependant, son poids économique est bien plus significatif : elle génère 15,7 % des recettes totales. Cette différence s’explique par une valorisation nettement supérieure, avec un prix moyen de vente de 16,73 dinars le kilogramme, ce qui souligne l’intérêt stratégique de monter en gamme.

La cartographie des destinations confirme la prépondérance du marché européen, qui absorbe 55,4 % des volumes tunisiens. L’Espagne se distingue comme le premier client avec 30,9 % des parts, suivie de l’Italie (18,9 %). Le continent nord-américain constitue le second débouché majeur avec 21,1 % des exportations, où les États-Unis jouent un rôle moteur à hauteur de 16,8 %.

Enfin, la filière biologique confirme son potentiel. À la fin du mois de janvier, les ventes à l’international de ce segment premium ont atteint 12,6 mille tonnes, pour une valeur de 170,8 millions de dinars. L’Italie s’impose comme la principale destination de cette huile d’excellence, captant 42 % des volumes, devant l’Espagne avec 22 %. Ce différentiel de prix entre le vrac et le conditionné met en lumière l’enjeu crucial pour la Tunisie : développer une industrie de conditionnement locale et des marques propres pour capter davantage de valeur ajoutée, plutôt que de se positionner uniquement comme un fournisseur de matière première destinée aux marchés européens.

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