La BERD mise 43M€ pour ériger la Tunisie en hub vert de l’électricité européenne
La Tunisie vient de franchir une nouvelle étape stratégique dans le domaine énergétique. Un accord de financement et de garantie, d’une valeur de 43 millions d’euros, a été paraphé ce jeudi avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Cette enveloppe est destinée à concrétiser la deuxième phase du projet d’interconnexion électrique avec l’Italie, dénommée ELMED 2.
Ce volet du projet a pour objectif principal de moderniser et de renforcer le réseau haute tension géré par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG). Les fonds serviront notamment à déployer un réseau de lignes aériennes de 400 kilovolts. Au cœur du dispositif, une artère de 85 kilomètres reliera Grombalia à Kondar, complétée par des raccordements spécifiques à la sous-station de Grombalia 2. Ces infrastructures traverseront plusieurs régions du nord et du centre de la Tunisie.
Intervenant lors de la cérémonie de signature, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a précisé les termes du prêt, qui sera étalé sur 18 ans, incluant une période de grâce de cinq ans. Il a insisté sur le rôle central d’ELMED 2 dans le programme global, présentant ce maillon comme un pilier pour la sécurité d’approvisionnement, le développement des énergies vertes et l’intégration aux réseaux européens.
La présidente de la BERD, Odile Renaud-Basso, a, quant à elle, salué un projet « catalyseur pour la décarbonation ». Elle a estimé qu’il contribuera à réduire la dépendance tunisienne aux importations de gaz et à accompagner l’ambition nationale de porter à 35% la part du renouvelable dans le mix électrique. Mme Renaud-Basso a également rappelé l’engagement historique de l’institution financière en Tunisie, avec un portefeuille d’investissements cumulé de trois milliards d’euros.
Pour la STEG, cet investissement est synonyme de meilleure fluidité dans la gestion du système électrique national. Son PDG, Fayçal Trifa, a expliqué que le nouveau réseau permettra d’acheminer plus efficacement l’électricité, souvent produite dans le Sud, vers les grands bassins de consommation du Nord. Il ouvre aussi des perspectives commerciales, en préparant le terrain pour l’exportation d’électricité verte vers le marché européen.

