Le président Saïed exige une action urgente pour les petits agriculteurs
Le président de la République, Kais Saïed, a reçu lundi le 29 décembre au palais de Carthage le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzedine Ben Cheikh. Lors de cet entretien, le chef de l’État a élevé l’agriculture au rang de « composante intégrante de la sécurité nationale », souligne Nizar Ayari, Président-directeur général de l’Office national des fourrages.
Le président s’est félicité de la récolte-record enregistrée cette année, un succès d’autant plus significatif qu’il intervient après une longue période de stress hydrique. Cependant, il a immédiatement tempéré cet optimisme en appelant à « aplanir les difficultés » persistantes, particulièrement celles auxquelles font face les petits agriculteurs.
Il a insisté sur l’obligation de garantir à ces producteurs leurs droits à chaque étape, « de la récolte et du pressage des olives jusqu’à la commercialisation de l’huile, en Tunisie comme à l’étranger ». Une intervention urgente est nécessaire, a-t-il affirmé, pour « mettre fin à leur souffrance ».
Un stockage d’huile d’olive en deçà des attentes
La réunion s’est tenue en présence des directeurs généraux de l’Office national de l’huile (ONH) et de l’Office national des fourrages (ONF). M. Saïed a rappelé le rôle-clé dévolu à l’office oléicole, mais a pointé du doigt l’insuffisance de l’évolution des capacités de stockage entre l’année dernière et cette année. « Si augmentation il y a, elle reste encore minime et ne répond plus aux besoins du marché », a-t-il martelé.
Le président a réaffirmé la détermination de l’État, qui dispose selon lui des outils législatifs nécessaires, à « se tenir aux côtés du peuple tunisien » et à « traquer les réseaux tentaculaires des lobbies où qu’ils se trouvent ».
Lutte contre la spéculation et appel à la souveraineté semencière
Sur le front des fourrages, M. Saïed a défendu le rôle régulateur de l’ONF face aux « manœuvres de certains spéculateurs ». Ces derniers tenteraient, selon lui, de faire baisser artificiellement les prix pour entraver l’action de l’office et instaurer des pratiques de monopole illégales.
Enfin, le chef de l’État a élargi le débat en appelant à un effort national pour reconstituer le cheptel national (ovins, bovins, caprins…) et, surtout, préserver les variétés locales de semences. Cette mesure est présentée comme un impératif de souveraineté : il s’agit d’éviter une dépendance envers des parties étrangères qui « contrôlent les prix et portent ainsi atteinte à la souveraineté agricole du pays ».
Cet entretien confirme la volonté présidentielle de faire du secteur agricole un pilier stratégique, tout en dénonçant les dysfonctionnements structurels et les pressions spéculatives qui, selon le palais de Carthage, entravent son plein essor.

