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Phosphate : +15 %, la résilience tunisienne à l’œuvre

Après une année 2024 particulièrement difficile, les indicateurs du commerce extérieur tunisien affichent un signal positif majeur pour les industries du phosphate. Selon les dernières données de l’Institut National de la Statistique (INS), les ventes à l’étranger de phosphate et de ses produits dérivés ont enregistré une hausse de 15 % au cours de l’année 2025.

Cette performance marque un redressement significatif après la lourde contraction de 26,3 % subie en 2024, une chute qui avait lourdement grevé les grands équilibres financiers et la balance commerciale du pays.

Un levier stratégique pour l’équilibre macroéconomique

Cette dynamique positive confirme le rôle central de la filière phosphate dans l’économie nationale. Elle répond à une double urgence pour les pouvoirs publics : contenir le déficit commercial et consolider le niveau des réserves de change. Dans un climat budgétaire toujours sous tension, le rebond des exportations de cette ressource stratégique constitue un soutien précieux pour la stabilité macroéconomique du pays.

Cap sur 2030 : L’ambition des 14 millions de tonnes

Ce regain de performance ne doit rien au hasard. Il s’inscrit dans le cadre d’une stratégie nationale visant à inverser durablement la tendance baissière observée depuis une décennie. Les autorités ont ainsi validé un plan prospectif ambitieux fixant un objectif de production de 14 millions de tonnes à l’horizon 2030. Pour y parvenir, la feuille de route prévoit une refonte des méthodes d’extraction, une fluidification du transport ferroviaire ainsi qu’une modernisation poussée des installations de production et de transformation.

Un appel à la performance et à la justice sociale

Au-delà des chiffres, la réussite de 2025 est perçue comme la preuve qu’un retour aux anciens niveaux de production est réalisable, sous l’impulsion d’une détermination politique forte. Le Chef de l’État, Kaïs Saïed, a exhorté le secteur à renouer avec ses cadences records, allant jusqu’à viser leur dépassement.

Il a également mis en garde contre une vision purement productiviste, rappelant que la renaissance du secteur minier doit impérativement prendre en compte la dimension humaine. Le président a plaidé pour une revalorisation des conditions de travail et une reconnaissance de la pénibilité des métiers de la mine. Il a lié explicitement ce redressement industriel à la réhabilitation des services publics et des infrastructures locales, gage d’un ancrage territorial et social pérenne pour la filière.

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