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Électricité: la Tunisie mise sur 760 MVA de capacité supplémentaire

Le secteur électrique tunisien s’apprête à connaître une avancée opérationnelle majeure avec l’intégration prochaine de deux transformateurs de grande envergure, destinés à consolider la stabilité du réseau national.

Le premier ouvrage, d’une capacité de 360 MVA, doit être mis en service d’ici la fin du mois d’août 2026 au poste de Mornaguia, situé dans la périphérie ouest de Tunis. Parallèlement, un second équipement de 400 MVA, acheminé depuis la Chine, est en cours de préparation logistique en vue de son déploiement, sans que les autorités aient encore précisé ni le lieu ni le calendrier retenu pour cette opération.

Ces infrastructures n’ont pas vocation à générer de l’électricité, mais à en optimiser le transit. Leur rôle consiste à accroître les capacités de transformation et d’acheminement du courant entre les différents niveaux de tension, afin de limiter les phénomènes de saturation du réseau, particulièrement redoutés en période de forte sollicitation.

Cette annonce survient dans un climat de fragilité pour le système électrique tunisien. Depuis plusieurs semaines, de nombreuses régions subissent des coupures et des délestages, dans un contexte de consommation soutenue liée à des températures exceptionnellement élevées et à un usage accru des systèmes de climatisation. La STEG avait d’ailleurs multiplié les avis de coupure sur différentes zones du territoire au mois de juillet.

Du côté des spécialistes, ces équipements représentent un renfort technique indéniable, mais ne sauraient, à eux seuls, résoudre les fragilités structurelles du secteur. L’expert international en énergie Mohamed Ridha El Majri, invité sur les ondes d’une radio, a souligné que ces transformateurs apporteraient un appui significatif au réseau, tout en rappelant qu’ils ne constituent pas une solution globale aux défis rencontrés. Il a également relevé que le projet de Mornaguia, programmé depuis plusieurs années, aurait mérité d’être finalisé plus tôt.

Par ailleurs, les pouvoirs publics préparent un autre chantier présenté comme stratégique : une plateforme centrale de transformation électrique en mer, qui devrait à terme sécuriser davantage le transport d’énergie et la résilience du réseau.

Ces investissements témoignent d’une volonté de moderniser des infrastructures soumises à des pressions croissantes – hausse régulière de la demande, mutations des besoins industriels et multiplication des aléas climatiques. Mais ils ravivent aussi le débat sur l’urgence d’une approche intégrée, associant modernisation des réseaux, développement des moyens de production et accélération des projets dans les énergies renouvelables.

Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse désormais la seule gestion des pointes estivales : il s’agit d’assurer, dans la durée, une alimentation électrique fiable et soutenable, alors que la courbe de la demande énergétique ne cesse de s’élever.

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