« Deux Rives, Un Avenir » : la plus grande délégation économique française en Tunisie depuis quatre ans réaffirme la centralité de la relation franco- tunisienne
Les Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCE) tenaient les 26 et 27 mars 2026 à Gammarth leur Réunion Régionale Sud-Méditerranée et Proche et Moyen-Orient, sous le titre « Deux Rives, Un Avenir : les nouvelles dynamiques du commerce euro- méditerranéen ». Avec plus de 90 entreprises françaises représentées et des délégués venus de plus de quinze pays, cet événement constitue la plus grande délégation économique française à fouler le sol tunisien depuis plus de quatre ans. Un signal fort, délibéré, adressé à la Tunisie et à l’ensemble des partenaires de la région.
Les CCE de retour en Tunisie : une délégation historique pour un message sans ambiguïté
Ils sont venus de partout. De Paris, bien sûr, mais aussi de Casablanca, d’Alger, de Dubaï, de Riyad, de Tbilissi. Plus de 90 entreprises françaises, des dirigeants représentant une quinzaine de pays, réunis les 26 et 27 mars à Gammarth pour la Réunion Régionale Sud-Méditerranée et Proche et Moyen-Orient des Conseillers du Commerce Extérieur de la France. Le titre de l’événement « Deux Rives, Un Avenir » n’était pas qu’une formule de communication. C’était une prise de position.
Car il faut mesurer ce que représente cette réunion. Cela fait plus de quatre ans qu’aucune délégation économique française d’une telle envergure n’avait foulé le sol tunisien. Ce déplacement, c’est la fin de cette parenthèse. Un retour affirmé, délibéré, et qui envoie un signal clair à tous les partenaires de la région : la Tunisie est, pour la France, un partenaire de premier plan.
Un retour affirmé, dans la continuité d’octobre 2025
Pour comprendre ce qui s’est joué à Gammarth, il faut revenir à Paris, en octobre 2025. Les Rencontres Tunisie organisées à Business France, puis le dîner à l’Automobile Club de France en l’honneur de la délégation de l’UTICA conduite par Samir Majoul, avaient marqué une inflexion. Le Ministre délégué chargé du Commerce extérieur Nicolas Forissier était présent. Sophie Sidos, Présidente des CCE, également. On avait alors mesuré l’ampleur d’une relation économique que les chiffres résument mais n’épuisent pas : la France premier investisseur en Tunisie et la Tunisie est troisième partenaire commercial de la France sur le continent africain. Mais un chiffre inédit était venu couronner cette dynamique : la Tunisie est pour la sixième année consécutive le premier investisseur africain en France.
En choisissant de tenir à Tunis, pour la première fois, la réunion régionale de la Commission Sud-Méditerranée et Proche et Moyen-Orient, les CCE ont voulu transformer l’élan d’octobre en engagement durable. « Cela fait plus de quatre ans qu’aucune délégation économique française de cette envergure n’était venue en Tunisie. Cette page est tournée », a déclaré Alexandre Ratle, Président de la Commission Sud-Méditerranée, Proche et Moyen-Orient des CCE et Président du Comité Tunisie CCE. C’est « un signal fort et positif pour le partenariat économique. Il faut miser sur la continuité et favoriser une vraie politique et stratégie de voisinage », a pour sa part déclaré l’Ambassadrice de France en Tunisie Anne Guéguen. Quant à Sophie Sidos, Présidente des CCE, elle a affirmé : « Tunis, mars 2026 : la France est là, en partenaire. C’est exactement ce que les CCE ont pour mission de construire, et je suis fière de ce que le Comité Tunisie accomplit pour cette relation bilatérale exceptionnelle. »

La Tunisie, pont stratégique entre l’Europe et l’Afrique
Les travaux de la réunion ont confirmé ce que les données économiques établissent avec constance : la Tunisie n’est pas un marché parmi d’autres dans le dispositif français à l’international. Premier pays émetteur de capitaux et de devises vers la Tunisie, la France est le premier investisseur étranger en Tunisie, son premier partenaire commercial et sa première source de devises issues de la diaspora et du tourisme. La Tunisie est le troisième partenaire commercial de la France sur le continent africain et est aussi le premier investisseur africain en France en nombre de projets.
Dans un contexte mondial marqué par la recomposition des chaînes de valeur, la recherche de résilience industrielle et les impératifs de décarbonation, la Tunisie s’impose comme un partenaire de premier plan pour les entreprises françaises et européennes. Sa position géographique, à moins de trois heures de Paris, dans le même fuseau horaire, sa compétence industrielle reconnue dans l’automobile, l’électronique, les énergies renouvelables et le numérique, et sa jeunesse qualifiée et francophone en font un maillon essentiel de la plateforme industrielle euroméditerranéenne en construction.
« La Tunisie n’est pas une périphérie. Elle est un pont, entre l’Europe et l’Afrique, entre la rive nord et la rive sud de notre mer commune. Et les ponts, dans le monde fracturé qui est le nôtre, sont précieux », a souligné Alexandre Ratle lors de l’ouverture des travaux.
Des débats à la hauteur des enjeux régionaux
La journée de travail du 27 mars a réuni des intervenants de premier plan autour de quatre grands thèmes structurants pour la région :
La table ronde sur les nouvelles interdépendances géopolitiques euro-méditerranéennes a réuni l’Ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie Giuseppe Perrone et Samir Majoul ? Pr2sident de l’UTICA. La session sur l’eau, le climat et la sécurité alimentaire, animée en présence de la représentante résidente du PNUD et de la directrice régionale de l’AFD, et de Mohsen Boujbel, PDG de Vapca, a mis en lumière les défis vitaux que seule une coopération structurée entre les deux rives permettra de relever. La session sur les chaînes de valeur et le nearshoring a réuni des dirigeants de grands groupes industriels présents en Tunisie, Valeo, Hichem Elloumi Président de COFICAB, mais aussi la FrenchTech Tunis avec sa présidente Neila Benzina, pour dresser le panorama d’une intégration économique déjà profonde et en pleine expansion.

La journée s’est conclue par une session transmise en direct à l’ensemble du réseau CCE mondial, consacrée au décryptage de la crise moyen-orientale, ses conséquences géostratégique, économiques et diplomatiques pour les entreprises opérant dans la région, avec la participation de François Gouyette, ancien Ambassadeur de France en Tunisie et dans cinq capitales arabes, du Vice-Amiral d’Escadre Pascal Ausseur, Directeur Général de la FMES et d’experts de l’ESCWA.
Un gala à Carthage, un geste pour l’avenir
Le dîner de gala, tenu à l’Acropolium de Carthage, anciennement cathédrale Saint-Louis, monument emblématique du patrimoine méditerranéen commun, a marqué le temps fort de la réunion. Le Comité Tunisie CCE a annoncé lors de cette soirée que les bénéfices du gala seraient versés au fonds dédié à la restauration de l’Acropolium, invitant l’ensemble des participants français et tunisiens à s’associer à cette démarche, démarche saluée par l’Ambassadrice de France en Tunisie Anne Gueguen.
C’est peut-être ce geste, plus que tous les discours, qui dit le mieux ce que cette réunion voulait être : pas un événement de plus dans un agenda chargé, mais un acte. La démonstration que quand on croit à quelque chose, on le montre.
Cet acte symbolique illustre l’ambition portée par la réunion : transformer des partenariats économiques en engagement, et démontrer que, dans un monde qui choisit la désunion, les deux rives de la Méditerranée choisissent, elles, de construire ensemble.


