Economie

Comptes en devises : feu vert de l’ARP !

L’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a franchi un pas significatif mardi en adoptant une mesure phare destinée à assouplir le régime des changes. Intégrée au projet de Loi de finances 2026, cette disposition autorise, pour la première fois, les Tunisiens résidant en Tunisie à ouvrir et gérer librement des comptes bancaires en devises étrangères.

Le texte, validé par 69 voix pour, 17 contre et 17 abstentions, s’appuie sur des articles existants du Code des changes et de la législation financière. Il marque une évolution notable dans l’accès des particuliers aux monnaies étrangères.

Un compte aux sources de financement multiples

Concrètement, ces nouveaux comptes pourront être alimentés par plusieurs canaux sans autorisation préalable. Les transferts depuis d’autres comptes en devises ou en dinars convertibles, l’utilisation de l’allocation touristique annuelle, ainsi que d’autres apports de devises définis par la réglementation seront ainsi permis.

Rémunération et usage à l’international

L’article introduit une innovation majeure : la possibilité pour ces dépôts en devises de générer des intérêts, sous réserve de leur emploi par l’intermédiaire financier agréé et selon les modalités fixées par la Banque Centrale de Tunisie. Fait notable, ces revenus seront soumis à un impôt symbolique fixé à 0,01%.

La mesure accorde également une grande liberté d’utilisation. Les titulaires pourront, sans démarche administrative préalable, effectuer des paiements et des retraits à l’étranger, ou encore procéder à des virements vers d’autres comptes en devises.

Une réforme aux implications économiques attendues

Cette adoption représente une avancée concrète dans la libéralisation progressive du cadre des changes. Elle vise officiellement à offrir aux citoyens résidents une plus grande flexibilité dans la gestion de leurs actifs en devises, à faciliter les transactions internationales et à encourager une bancarisation accrue des flux en monnaies étrangères au sein du circuit financier formel.

Les observateurs économiques s’attendent à ce que cette mesure puisse, à terme, influencer la gestion de l’épargne, le financement des dépenses à l’étranger et potentiellement les transferts de la diaspora. Son application pratique et son impact sur le marché dépendront des textes d’application et des circulaires de la Banque Centrale.

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