Venezuela et Ormuz : double pression sur les cours du pétrole
Les prix du brut ont amorcé une timide correction, ce vendredi 28 août, sous l’effet combiné de deux signaux susceptibles de détendre les craintes sur l’approvisionnement mondial. D’un côté, les discussions entre Washington et Caracas laissent entrevoir un accès américain aux réserves vénézuéliennes ; de l’autre, des avancées diplomatiques autour du détroit d’Ormuz ravivent l’espoir d’une reprise partielle du trafic maritime.
À la mi-journée, le Brent cédait 0,3 %, s’établissant à 89,45 dollars le baril, tandis que le WTI reculait de 0,2 %, à 83,39 dollars. Sur l’ensemble de la semaine, les deux références s’orientent néanmoins vers une baisse comprise entre 4 % et 5,5 %.
Le marché reste toutefois suspendu aux aléas diplomatiques. Après un sursaut observé jeudi, les cours ont repris leur trajectoire baissière ce vendredi matin, les opérateurs intégrant plusieurs éléments de nature à améliorer les perspectives d’offre globale.
Selon des informations rapportées par Reuters, l’administration américaine serait proche d’un accord lui ouvrant un accès à long terme à une partie des réserves de pétrole du pays sud-américain. Ce mémorandum prévoirait notamment la mise en valeur de plusieurs champs vénézuéliens par des entreprises américaines. Une telle éventualité nourrit, pour les marchés, l’hypothèse d’une hausse future de l’offre mondiale. Mais les effets ne sauraient être immédiats : les infrastructures locales, vétustes, exigent des investissements lourds et des travaux de modernisation, ce qui rend toute remontée significative de la production tributaire d’un calendrier long.
Ce rapprochement avec Washington intervient alors que Caracas envisagerait, en parallèle, de quitter l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Une telle défection libérerait théoriquement le Venezuela des quotas collectifs de l’organisation, lui offrant une plus grande marge de manœuvre pour développer sa production et attirer des capitaux étrangers.
Le détroit d’Ormuz, toujours sous tension
Le second facteur pesant sur les cours tient au détroit d’Ormuz, artère vitale pour les exportations énergétiques du Golfe. L’Iran préparerait une série de conditions en vue d’une éventuelle réouverture de cette voie stratégique. Par ailleurs, des informations évoquent un accord entre Téhéran et Mascate permettant un retour partiel du trafic maritime.
Même une réouverture limitée suffirait à réduire mécaniquement la prime de risque intégrée dans les prix. Rappelons qu’avant l’escalade entre les États-Unis et l’Iran, ce détroit acheminait près d’un cinquième du pétrole consommé dans le monde.
Dans ce contexte, le baril demeure exceptionnellement volatil, chaque nouvelle dépêche modifiant en temps réel les anticipations sur l’équilibre offre-demande. Entre le retour potentiel du Venezuela sur la scène pétrolière, les signaux d’apaisement à Ormuz et les tensions persistantes entre Washington et Téhéran, le marché tente aujourd’hui de départager deux forces contraires : celle d’une offre qui pourrait se reconstituer, et celle d’un risque géopolitique qui n’a pas dit son dernier mot.

