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L’Égypte mise sur 390 millions de dollars émiratis pour sécuriser son avenir renouvelable

Le Caire a officialisé un accord d’investissement d’environ 390 millions de dollars avec les Émirats arabes unis, destiné à renforcer l’un des principaux axes de développement des énergies renouvelables sur le continent africain. Ce projet stratégique vise à construire une ligne de transport à haute tension qui permettra d’évacuer l’électricité générée par les grands parcs éoliens implantés dans la région du golfe de Suez vers le réseau électrique national.

Confié au groupe Intelligent Globe Construction (IGC), ce chantier porte sur la conception, la réalisation et la mise en service du lot 2 d’une ligne aérienne à double circuit d’une tension de 500 kilovolts (kV). Longue d’environ 61,6 kilomètres, cette infrastructure reliera les postes électriques d’Orascom et d’El Hawamdeya. Mené en formule « clé en main », le contrat inclut l’ingénierie, les approvisionnements, l’installation des équipements, les essais et la mise en service. La ligne sera équipée de quatre conducteurs par phase et permettra d’injecter dans le réseau unifié la production issue des installations éoliennes du golfe de Suez.

Selon les données disponibles, les travaux devraient être bouclés dans un délai d’un an à compter de la signature du contrat.

Le renforcement du réseau, nouvel enjeu de la transition égyptienne

Situé à la croisée de l’Afrique et du Moyen-Orient, le golfe de Suez est devenu un haut lieu du développement éolien en Égypte, grâce à des conditions météorologiques particulièrement favorables, notamment des vents réguliers et soutenus. La zone accueille déjà plusieurs projets visant à accroître la part des énergies propres dans le bouquet électrique national.

La future ligne de transport jouera un rôle clé dans cette dynamique : elle facilitera l’intégration d’une électricité d’origine renouvelable dans le réseau tout en améliorant sa stabilité et son efficacité opérationnelle.

Cette initiative s’inscrit dans la feuille de route énergétique du gouvernement égyptien, qui ambitionne d’accélérer la diversification de son mix électrique. Le Caire vise ainsi à porter la part des renouvelables à environ 45 % de sa production totale d’ici 2028. Ces dernières années, l’Égypte a consenti d’importants efforts d’investissement dans son secteur électrique, tant pour accroître ses capacités de production que pour moderniser ses infrastructures existantes. L’heure est désormais au renforcement des réseaux de transport et des interconnexions, condition sine qua non pour accompagner la montée en puissance des nouvelles capacités vertes.

Ce projet répond donc à l’un des défis majeurs de la transition énergétique égyptienne : acheminer efficacement l’électricité produite jusqu’aux centres de consommation. Les grandes installations solaires et éoliennes sont en effet souvent localisées dans des zones riches en ressources naturelles, mais éloignées des principales agglomérations et zones industrielles.

À défaut d’un réseau de transport suffisamment développé, une partie de cette production propre risquerait de rester inexploitée, faute de capacités d’évacuation adaptées. Le renforcement des lignes haute tension apparaît dès lors comme un maillon essentiel pour transformer le potentiel renouvelable de l’Égypte en énergie réellement disponible pour son économie.

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