Tunisie : le déficit énergétique s’envole de 32% sur un an
L’Observatoire National de l’Energie et des Mines a rendu public son dernier rapport sur la conjoncture énergétique, couvrant les cinq premiers mois de l’année 2026. Il en ressort une détérioration marquée du solde commercial du secteur, qui intègre notamment la redevance sur le gaz algérien exporté.
À fin mai 2026, ce déficit s’établit à 5 767 millions de dinars (MD), contre 4 373 MD à la même période en 2025, soit une progression de 32 %. Cette évolution résulte d’une double hausse symétrique : les exportations de produits énergétiques ont crû de 32 % en valeur, tout comme les importations, qui affichent la même progression sur un an.
Dans son analyse, l’Observatoire rappelle que la dynamique des échanges énergétiques reste tributaire de trois variables clés : les volumes physiques commercialisés, le cours du pétrole Brent – qui sert de référence pour la fixation des prix du brut et des produits raffinés à l’export comme à l’import –, et enfin le taux de change du dollar contre le dinar tunisien, monnaie de facturation dominante dans ce secteur.
Sur ce dernier point, le rapport note une appréciation de 3 % du dinar par rapport au billet vert sur la période considérée, par rapport à mai 2025, ce qui a pu atténuer partiellement l’effet des tensions sur les prix internationaux.
Car le véritable moteur de cette envolée reste le marché pétrolier. En mai 2026, le baril de Brent s’est renchéri de 43,3 dollars par rapport à son niveau de mai 2025. Cette poussée est attribuée, selon la même source, à l’aggravation des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, et plus spécifiquement aux craintes persistantes concernant la sécurité du transit maritime dans le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour les approvisionnements mondiaux.

