Cybercab: Le robotaxi sans volant de Tesla circule !
Deux ans après sa présentation, le robotaxi sans volant ni pédales de Tesla entame ses essais en conditions réelles. Une étape cruciale pour Elon Musk, mais la technologie reste à prouver face à un concurrent comme Waymo.
C’est une image qui fait le tour des réseaux sociaux : un Cybercab, ce véhicule futuriste à deux places dépourvu de volant et de pédales, circulant dans les rues d’Austin, au Texas. Dans une publication sur X, Tesla a officialisé le début des « essais techniques du premier Cybercab de série », marquant ainsi une nouvelle phase dans le développement de son projet de robotaxi.
Conçu comme un véhicule entièrement autonome destiné à être réservé via l’application de la marque, le Cybercab représente l’incarnation de la vision d’Elon Musk pour une mobilité sans conducteur. Pourtant, la vidéo diffusée par l’entreprise révèle la présence d’un conducteur de sécurité à bord, une précaution obligatoire pour les premiers déplacements de ce type de systèmes.
Une production récente et des débuts prudents
Alors que le Cybercab est entré en production il y a quelques semaines, Tesla a fait le choix d’une approche progressive. Pour le lancement de son service de taxi en juin 2025, le constructeur a opté pour des Model Y classiques, équipés de volants et de pédales, avec un moniteur de sécurité chargé de superviser la conduite. La flotte actuelle reste modeste, mais cette nouvelle phase de tests à Austin témoigne de la volonté de l’entreprise d’accélérer le mouvement.
Un cadre réglementaire en voie d’assouplissement
Ce test intervient dans un contexte réglementaire favorable. La semaine dernière, la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l’agence américaine de sécurité routière, a proposé de supprimer l’obligation de pédale de frein sur les véhicules conçus pour fonctionner exclusivement en mode automatisé. Une mesure qui bénéficie directement au Cybercab, dont l’architecture ne prévoit aucun espace pour des commandes humaines.
Si cette proposition doit encore passer par une phase de consultation publique, son adoption est attendue d’ici la fin de l’année. Il s’agit de l’un des derniers obstacles réglementaires majeurs freinant le déploiement du Cybercab aux États-Unis, une aubaine pour Elon Musk qui a recentré les activités de Tesla autour de la robotique et de l’intelligence artificielle.
Deux approches technologiques en compétition
Face à Waymo, filiale d’Alphabet et pionnière des robotaxis aux États-Unis, Tesla mise sur une stratégie différente. Là où Waymo s’appuie sur des constructeurs partenaires comme Jaguar ou Zeekr pour ses véhicules, Tesla maîtrise à la fois la conception automobile et le développement du logiciel de conduite. Une intégration verticale qui pourrait, en théorie, permettre un meilleur contrôle des coûts et une cadence d’accélération plus rapide.
Le pari technologique est également assumé : contre la combinaison de caméras, radars et lidar privilégiée par Waymo, Tesla fait confiance à ses seules caméras pour assurer la circulation de ses véhicules. Une approche qui soulève des questions sur la fiabilité dans des conditions difficiles – faible luminosité, brouillard, forte pluie ou éblouissement solaire direct – susceptibles d’accroître les risques d’erreur dans les situations ambiguës ou les angles morts.
Des incidents des deux côtés
Aucun des deux concurrents n’est exempt de critiques. Waymo a dû rappeler des milliers de véhicules suite à des difficultés rencontrées dans des zones de travaux sur autoroute, ainsi que pour corriger un problème de conduite dans des secteurs inondés. L’entreprise fait également l’objet d’une enquête concernant son comportement autour des bus scolaires.
Tesla n’est pas en reste, puisque ses robotaxis ont déjà été impliqués dans des incidents mineurs. La course au leadership dans le domaine des véhicules autonomes se jouera sur le long terme, mais une certitude demeure : ces premiers tests du Cybercab dans les rues d’Austin constituent indéniablement une étape positive pour Elon Musk et son entreprise.

