Pétrole : le Brent efface tous ses gains de guerre et rechute sous les 73 dollars
Les marchés pétroliers ont poursuivi leur dégonflement ce jeudi 25 juin, au point d’effacer presque intégralement la prime de risque accumulée depuis l’ouverture du conflit au Moyen-Orient. Le Brent de la mer du Nord, baromètre mondial, a ainsi cédé du terrain pour s’établir à 72,44 dollars le baril (échéance août), un seuil inférieur à celui qui prévalait avant les hostilités du 28 février. Dans le même mouvement, le brut léger américain WTI est retombé aux alentours de 69,7 dollars, repassant sous la barre symbolique des 70 dollars.
Cette détente tient avant tout à l’atténuation des inquiétudes pesant sur les approvisionnements planétaires. Les opérateurs considèrent désormais que la menace d’une interruption prolongée des expéditions depuis le Golfe s’estompe, à mesure que le trafic maritime renoue avec son cours normal dans le détroit d’Ormuz – cette artère stratégique par laquelle transite près d’un cinquième du pétrole mondial. Au cours des dernières vingt-quatre heures, plus de 20 millions de barils ont franchi ce passage, et le nombre de navires-citernes en circulation revient progressivement vers les volumes constatés avant la guerre.
Parallèlement, les signes d’un raffermissement de l’offre globale se multiplient. L’accord intérimaire scellé entre Washington et Téhéran a prévu une fenêtre de négociations de soixante jours, assortie d’une réouverture graduelle du détroit et d’un allégement provisoire des sanctions qui entravaient les exportations iraniennes. Cette perspective nourrit les anticipations d’un retour plus marqué du brut iranien sur le marché international.
Dans ce contexte, les craintes de pénurie qui avaient jadis propulsé le Brent au-delà des 100 dollars durant le pic des tensions se sont largement dissipées. Les analystes relèvent que la reprise des flux depuis le Golfe intervient dans un environnement où l’offre mondiale reste relativement abondante, alors même que la demande, en particulier chinoise, continue d’afficher des signes de ralentissement. Dès lors, plusieurs établissements financiers rajustent leurs prévisions pour le second semestre : la banque australienne Macquarie table notamment sur un Brent autour de 67 dollars le baril au troisième trimestre, loin des sommets atteints au plus fort de la crise géopolitique.

