Ford enterre la Mustang Mach‑E sur sa nouvelle plateforme low‑cost
Mauvaise nouvelle pour le SUV électrique star de Ford : la Mustang Mach‑E ne profitera jamais de la nouvelle plateforme UEV (Universal Electric Vehicle). L’information, confirmée dans une FAQ, condamne le modèle à son architecture d’origine, tandis que le constructeur lui préfère une toute nouvelle base pensée pour réduire les coûts par l’efficacité, et non par l’ajout de batteries.
Les chiffres sont impitoyables pour la Mach‑E. Seule électrique de tourisme encore vendue aux États-Unis depuis l’arrêt du F‑150 Lightning, elle n’a écoulé que 4 600 unités au premier trimestre, soit une chute de plus de 60 % sur un an. Son P.-D.G., Jim Farley, l’avait lui‑même qualifiée de « mal conçue » en février, pointant le faisceau électrique du Tesla Model Y, 70 kg plus léger et 1,6 km plus court que le sien.
Dévoilée en février lors de l’événement « Bounty Hunters », la plateforme UEV est une feuille blanche radicale. Son premier véhicule, un pick‑up intermédiaire attendu en 2027 à Louisville, sera proposé sous la barre des 27 800 € et visera 480 km d’autonomie avec une batterie plus petite que la concurrence. Pour y parvenir, Ford a puisé dans l’expertise F1 pour gagner 15 % de traînée, tandis que les rétroviseurs, 20 % plus petits, rapportent 2,4 km d’autonomie supplémentaires (30 % de gain aéro global sur autoroute).
Côté structure, les 146 éléments du Maverick thermique laissent place à deux moulages aluminium, et le plancher est directement formé par des cellules LFP prismatiques – sans nickel ni cobalt. Le réseau 48 V développé en interne (après le rachat d’Auto Motive Power en 2023) supprime 1 200 mètres de câblage et 10 kg. Résultat : 20 % de pièces en moins, 25 % d’attaches et 40 % de postes d’assemblage supprimés.
Si la plateforme doit accueillir deux SUV, une berline compacte, une grande berline, un fourgon et un Ford Escape électrique en 2029 (tous sous 37 000 €), aucun remplacement sur base UEV n’est prévu pour la Mach‑E. Le modèle devra donc affronter seul le marché américain pendant encore quelques années, en attendant que la relève électrique du constructeur prenne forme.

