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Tunisie : un recul industriel malgré un maintien dans le top 4 africain

Selon la dernière édition (2026) de l’Indice de l’industrialisation en Afrique (IIA)  un outil développé par la Banque africaine de développement pour suivre, depuis 2010, la trajectoire industrielle de 54 pays – la Tunisie figure au quatrième rang du continent. Avec un score avoisinant 0,776 sur la période 2010-2024, elle se place derrière l’Afrique du Sud, le Maroc et l’Égypte, mais devant Maurice.

Pourtant, ce classement flatteur cache une tendance préoccupante. Alors que la majorité des nations africaines enregistrent des progrès, la Tunisie affiche un léger repli par rapport à son résultat de 2010, qui était de 0,763. Ce glissement – de la troisième à la quatrième place – réduit son avance sur d’autres économies émergentes du continent. À l’inverse, le Maroc et l’Algérie ont su maintenir une dynamique industrielle constante sur l’ensemble des quinze années couvertes par l’étude.

L’indice repose sur trois piliers. Le premier, la performance industrielle, mesure le poids et la sophistication du secteur manufacturier (valeur ajoutée, part dans le PIB, exportations, niveau technologique). Le deuxième, intitulé « capital et travail », évalue la profondeur de l’appareil productif et de la main-d’œuvre (infrastructures, énergie, compétences techniques, emploi industriel). Le troisième, l’environnement favorable, synthétise le climat macroéconomique, la logistique, le cadre réglementaire, l’accès au financement et la gouvernance. Si la Tunisie tire profit d’une performance industrielle élevée et de bases solides en capital et travail, son contexte global s’est dégradé.

Être dans le quatuor de tête témoigne encore d’un héritage industriel significatif, avec une bonne insertion dans certaines chaînes de valeur et des compétences reconnues. Cependant, la baisse de son indice révèle des fragilités : ralentissement de l’investissement, tensions sur le climat des affaires, instabilité macroéconomique et pertes de parts de marché dans plusieurs secteurs. Face à la progression des autres pays, une refonte de la politique industrielle tunisienne s’impose, notamment vers la montée en gamme, l’innovation et la diversification des exportations.

Le haut du tableau reste dominé par l’Afrique du Sud, le Maroc et l’Égypte, dont les scores oscillent entre 0,79 et 0,84 – signe d’un tissu manufacturier plus étendu ou d’un cadre plus favorable que celui de la Tunisie. Juste derrière, un peloton composé de Maurice, d’Eswatini, du Sénégal, du Nigeria, du Kenya et de la Namibie affiche des notes comprises entre 0,60 et 0,67, reflétant un développement industriel réel mais inférieur au groupe de tête. À l’échelle régionale, l’Afrique du Nord se distingue comme la zone la plus performante, grâce aux résultats du Maroc, de l’Égypte et de la Tunisie, tandis que la Libye et la Mauritanie se situent en dessous de la moyenne continentale.

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