Economie

Dette mondiale : le FMI alerte sur une trajectoire risquant de dépasser les 120 % du PIB

Selon la dernière édition du Moniteur des finances publiques publiée par le Fonds monétaire international (FMI), l’endettement public global approche désormais la barre symbolique des 100 % du produit intérieur brut (PIB) mondial.

Avant même l’apparition du conflit récent au Moyen-Orient, les finances des États portaient déjà les stigmates de multiples secousses : la crise sanitaire liée à la Covid-19, le choc énergétique de 2022, ainsi que des perturbations commerciales à répétition.

En 2025, le déficit budgétaire consolidé de la planète est resté ancré autour de 5 % du PIB. Parallèlement, la dette publique brute a atteint 94 % du PIB. Sur la base des tendances actuelles, le FMI prévoit qu’elle pourrait franchir le seuil de 100 % dès 2029, soit un an plus tôt que dans les précédentes projections.

L’institution financière internationale souligne que la charge des intérêts de la dette s’est alourdie : elle est passée d’environ 2 % à près de 3 % du PIB en l’espace de quatre ans. Pour mémoire, avant la pandémie, le ratio d’endettement mondial oscillait aux alentours de 80 % du PIB, signe d’une accélération spectaculaire sur une courte période. Parmi les grandes économies, le Japon affiche un ratio supérieur à 200 % du PIB, les États-Unis se maintiennent sous les 125 %, tandis que la Chine pourrait voir sa dette atteindre environ 120 % du PIB d’ici 2030.

Un scénario de risque à plus de 120 % du PIB

Le principal motif d’inquiétude du FMI réside dans l’absence d’un assainissement budgétaire significatif lors des dernières années de croissance, qui aurait pourtant permis de corriger les déséquilibres et de reconstituer des marges de manœuvre.

Dans un environnement marqué par les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, les États-Unis subissent la hausse des prix de l’énergie, la multiplication des aides publiques et l’accroissement des dépenses militaires. Un nombre croissant de pays dépassent désormais le seuil de 2 % du PIB consacré à la défense, ce qui exacerbe les tensions sur les budgets nationaux. L’équation budgétaire devient d’autant plus complexe à résoudre que la croissance reste atone et les dépenses en hausse.

Si les perturbations liées aux conflits devaient se prolonger au-delà du premier semestre 2026, le FMI envisage un scénario de dégradation sévère, avec des prix pétroliers durablement élevés et un retour des pressions inflationnistes. Dans cette hypothèse, la dette mondiale dite « à risque » pourrait franchir le seuil des 120 % du PIB, les pays émergents étant les plus vulnérables.

L’institution met également en garde contre les subventions généralisées aux carburants, qu’elle juge à la fois coûteuses et inefficaces. À moyen terme, elle plaide pour un ajustement progressif mais réel, passant par un élargissement de l’assiette fiscale, une réduction des exonérations et une amélioration des recettes publiques. Pour le FMI, agir rapidement demeure la seule option pour éviter une dérive durable de l’endettement mondial.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *